La compagnie aérienne Air Calédonie, paralysée depuis le 2 mars par le blocage de plusieurs aérodromes de Nouvelle-Calédonie, a placé près de la moitié de ses 220 salariés en chômage partiel, pour éviter l'épuisement de sa trésorerie d'ici début avril.
"La décision a été prise pour préserver la trésorerie. Elle sera épuisée début avril", a indiqué la direction d'Air Calédonie, évoquant un horizon d'"une quinzaine de jours". En l'absence de déblocage, la compagnie prévoit de saisir le tribunal de commerce pour engager une procédure collective. Les dernières discussions entre le gouvernement local et les responsables coutumiers, tenues jeudi sur l'île des Pins (sud), n'ont pas permis de résoudre le conflit portant sur le transfert d'Air Calédonie de l'aérodrome de Magenta, au coeur de Nouméa, vers l'aéroport international de La Tontouta, à une quarantaine de kilomètres.
"C'est toujours le statu quo. Chacun reste sur ses positions", a déclaré Rolland Nyikeine, sénateur coutumier de l'aire Drehu (Lifou), impliquée dans le blocage. M. Nyikeine a toutefois indiqué que les coutumiers travaillaient à une contre-proposition prévoyant une reprise de l'activité à partir de Magenta. L'Union syndicale des travailleurs kanak et exploités (USTKE), syndicat majoritaire d'Air Calédonie, a indiqué "regretter que les salariés se retrouvent pris en otage dans un différend opposant les usagers des îles au gouvernement" local, actionnaire majoritaire d'Air Calédonie.
La compagnie affirme être en mesure de reprendre progressivement ses vols en cas de levée des blocages. Fragilisée par la crise sanitaire puis par les violences meurtrières de 2024, Aircal espère économiser quatre millions d'euros par an grâce au transfert vers La Tontouta. Mais les usagers des îles -- île des Pins et archipel des Loyauté -- calédoniennes, très dépendants de la compagnie, dénoncent un doublement des temps de trajet et une hausse des tarifs.

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