Le contrôle des chambres d'agriculture, enjeu politique et financier

En 2025, la FNSEA, alliée aux Jeunes Agriculteurs (JA), est bousculée par la radicale Coordination rurale, et dans une moindre mesure par la Confédération paysanne.

Toujours première force syndicale, l’alliance FNSEA-JA passe sous les 50% (avec environ 47% des voix, contre 55,55% en 2019). Elle conserve toutefois la tête de 82% des chambres, avec 83 chambres sur 101. L’alliance devrait aussi remporter la présidence de l’entité nationale.

La Coordination rurale (CR), née en 1991 d’une scission de la FNSEA, a remporté environ 30% des suffrages (contre 21,5% en 2019), arrivant en tête du vote des agriculteurs dans 14 chambres, essentiellement dans le sud-ouest.

Elle ne parviendra cependant à s’imposer qu’à la tête de 10 chambres, la FNSEA ayant mobilisé ses alliés au sein des autres collèges (coopératives, propriétaires fonciers, salariés, assurances, etc.) pour en conserver la présidence.

La Confédération paysanne progresse légèrement avec 21% des voix (contre 20% en 2019), emportant trois nouvelles chambres. Elle conserve Mayotte, où le scrutin a été reporté après le cyclone Chido.

Le Modef (environ 1,5%) emporte une chambre (Guadeloupe) et des listes indépendantes s’imposent dans trois départements (Haute-Garonne, Moselle et Ariège).

Le mode de scrutin favorise le premier arrivé et a donc jusqu’ici essentiellement profité à la FNSEA, l’ancien syndicat unique né en 1946 et resté l’interlocuteur privilégié des pouvoirs publics. Ce qui lui vaut d’être accusé de pratiquer la “cogestion”.

Les agriculteurs occupent 18 des 33 sièges des chambres. La liste en tête chez les agriculteurs obtient neuf sièges sur les 18, l’autre moitié étant répartie proportionnellement entre toutes les autres.

Dans une majorité des cas, emporter le collège des agriculteurs garantit de diriger la chambre.

Comme en 2019, moins d’un électeur sur deux a participé au scrutin (pour environ 2,2 millions d’inscrits).

 

Les chambres, rouage essentiel

Tous les six ans, les élections recomposent la direction des 90 chambres départementales et interdépartementales (y compris l’Île-de-France et la Corse), auxquelles s’ajoutent 11 chambres régionales et l’entité nationale Chambres d’agriculture France.

Créés en 1924, ces établissements publics ont participé à la transformation de l’agriculture tout au long du siècle, œuvrant à l’application des réformes, du remembrement des terres acté dès 1919 à la révolution mécanique et chimique en passant par les aides de la politique agricole commune (PAC).

Leur rôle : “améliorer la performance économique, sociale et environnementale” des exploitations, selon le Code rural.

Concrètement, elles conseillent les exploitants, leur proposent des prestations rémunérées de formation et de conseil, les informent des évolutions réglementaires. Elles assurent également des missions de service public comme la gestion de l’identification animale ou l’enregistrement des entreprises.

Les chambres régionales suivent aussi les marchés agricoles et pilotent des programmes d’innovation.

Au niveau national, Chambres d’agriculture France représente les intérêts agricoles auprès des pouvoirs publics.

L’ensemble dispose de 8.400 collaborateurs, pour un budget de 750 millions d’euros en 2023, tiré de la taxe sur le foncier non bâti, de prestations facturées et de contrats avec les pouvoirs publics.

 

Enjeu financier

De ce scrutin dépend en outre l’attribution des 14 millions d’euros du fonds alloué au financement des syndicats agricoles.

À l’heure actuelle, 75% de ce montant est réparti en fonction du nombre de voix obtenues, et 25% selon le nombre de sièges.

Le gouvernement de Gabriel Attal en 2024 avait envisagé de revoir cette clé de répartition, avec 50% au nombre de voix et 50% au nombre de sièges, suivant une proposition de la FNSEA.

Un projet vivement dénoncé par les syndicats minoritaires : la CR y aurait perdu 300.000 euros par an et la Confédération paysanne, 500.000 euros, selon leurs estimations.

Le projet a finalement été suspendu.

La Confédération paysanne réclame depuis des années une modification du mode de scrutin, pour rendre mieux compte de la répartition réelle des voix paysannes.


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