Ce jeudi matin, à l’Hôtel du Département, la collectivité a donné le coup d’envoi des commémorations des 80 ans de la départementalisation. Le Mémento était présent pour ce lancement symbolique, qui marque le début d’une année entière d’actions, d’expositions, de rencontres et de temps de transmission autour d’une date fondatrice de l’histoire réunionnaise : le 19 mars 1946.
C’est en effet ce jour-là que la loi érigeant La Réunion en département français a été promulguée, aux côtés de la Guadeloupe, de la Martinique et de la Guyane. Portée notamment par les députés réunionnais Léon de Lépervanche et Raymond Vergès, avec l’appui d’Aimé Césaire, cette loi a mis fin au statut colonial et ouvert une nouvelle ère institutionnelle, sociale et économique pour l’île.
Huit décennies plus tard, le Département entend faire de cet anniversaire bien plus qu’un simple regard tourné vers le passé. Dans le dossier de presse présenté ce matin, la collectivité affiche une ambition claire : faire de cette commémoration un moment collectif de mémoire, mais aussi de réflexion sur l’avenir. L’objectif est double : mettre en lumière les grandes transformations qu’a connues La Réunion depuis 1946, tout en permettant aux Réunionnais de se projeter dans les grands défis du XXIe siècle, qu’ils soient climatiques, démographiques, numériques, sociaux ou économiques.
La journée de lancement du 19 mars a été pensée comme un temps solennel et fédérateur. Le programme prévoit plusieurs actes symboliques, dont l’interprétation de l’hymne national par un orchestre de jeunes collégiens de La Montagne, une élévation des drapeaux, ainsi que la remise d’un Prix départemental du Mérite spécial « 80 ans de la départementalisation ». À travers cette distinction, le Conseil départemental a souhaité rendre hommage à 22 Réunionnaises et Réunionnais au parcours remarquable, dont l’engagement a contribué à construire la société réunionnaise contemporaine.
Le lancement marque aussi le début d’un programme commémoratif déployé de mars 2026 à mars 2027. Parmi les premières actions figure le dévoilement de l’exposition photographique « Premiers regards », consacrée aux premières décennies de la départementalisation et appelée à être visible dans l’espace public à Saint-Denis, Saint-Paul, Saint-Pierre et Saint-Benoît. Le Département veut également associer fortement la jeunesse à cette année de commémoration, avec la présentation d’un poster des 80 ans réalisé par des collégiens et des prises de parole de jeunes Réunionnais sur ce que représente pour eux la départementalisation.
Au fil des mois, la programmation annoncée se veut large et participative. Elle mêlera collecte d’images, expositions, concours scolaires, portraits et témoignages, créations artistiques, conférences, débats, vidéos, spectacles, projets audiovisuels et rendez-vous autour du patrimoine. Une journée grand public est d’ores et déjà annoncée pour le 16 mai au Jardin de l’État, avec ateliers de création, animations interactives, échanges autour de l’histoire réunionnaise et programmation artistique mettant à l’honneur la culture créole et des artistes locaux.
Au-delà de la mémoire, le sens politique de cette commémoration est clairement assumé. Le dossier insiste sur les grands sujets qui attendent désormais La Réunion : la réussite et l’insertion des jeunes, les défis climatiques, les transitions numériques et les enjeux démographiques. En d’autres termes, célébrer 1946 ne revient pas seulement à commémorer une conquête institutionnelle ; il s’agit aussi de rappeler que l’histoire de la départementalisation continue de s’écrire à travers les choix collectifs d’aujourd’hui.
Le Département a par ailleurs présenté une identité visuelle dédiée à cet anniversaire, articulée autour des symboles de la République française, d’un logo spécifique et d’une charte destinée à rendre immédiatement lisibles les actions labellisées. Une manière de donner une cohérence à cette année de célébration et d’inscrire cette séquence dans l’espace public.
À 80 ans, la départementalisation apparaît ainsi comme un héritage vivant. À travers cette série d’événements, le Conseil départemental veut rassembler toutes les générations autour d’une histoire commune, renforcer le sentiment d’appartenance et nourrir une réflexion collective sur le futur de l’île. Une manière de rappeler que la mémoire n’a de sens que si elle éclaire l’avenir.
Memento.

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