TotalEnergies ne prévoit pas de reprendre des forages d’exploration en Guyane française. Son président-directeur général, Patrick Pouyanné, l’a affirmé le mercredi 17 juin 2026 devant la commission des finances de l’Assemblée nationale, alors que des élus ultramarins défendent une relance de projets liés aux énergies fossiles dans les Outre-mer.
"Si on me demande si TotalEnergies est prêt à revenir forer en Guyane, la réponse est non", a déclaré Patrick Pouyanné, président-directeur général de TotalEnergies. Le dirigeant a précisé que le groupe ne remettrait "pas d'argent pour aller forer de nouveaux puits d'exploration en Guyane".
Patrick Pouyanné a rappelé que TotalEnergies avait déjà engagé des moyens importants sur ce territoire. Le groupe y a "déjà beaucoup dépensé, près de 400 millions d'euros pour un résultat négatif", a-t-il détaillé, en indiquant que des hydrocarbures avaient bien été trouvés, mais "en quantité beaucoup trop faible pour qu'elles soient commercialisées".
Un permis d’exploration accordé à TotalEnergies avait expiré le 1er juin 2019 sans résultat probant.
Un débat relancé par le boom pétrolier régional
La position de TotalEnergies intervient alors que les pays voisins de la Guyane française connaissent depuis plusieurs années un développement important de l’exploitation pétrolière offshore. Le Brésil, le Suriname et le Guyana bénéficient de la mise en exploitation de plusieurs champs pétroliers, une dynamique dont certains acteurs guyanais estiment le territoire français privé.
TotalEnergies, comme des associations écologistes, a toutefois déjà exprimé des doutes sur le potentiel réel de la Guyane française en matière d’hydrocarbures.
Une proposition de loi discutée au Parlement
Le sujet fait l’objet d’un débat parlementaire autour d’une proposition de loi visant à "lever, dans les territoires d'outre-mer, l'interdiction de recherche, d'exploration et d'exploitation des hydrocarbures". Le texte a été porté à l’initiative du sénateur guyanais Georges Patient, membre du groupe de la majorité présidentielle.
Cette proposition vise à revenir sur certaines dispositions de la loi de 2017, qui interdit toute prospection d’hydrocarbures sur le territoire français.
Adopté au Sénat, le texte a ensuite été rejeté par l’Assemblée nationale le 11 juin 2026.
Des réactions politiques en Guyane
Après ce rejet, Jean-Victor Castor, député de Guyane française et rapporteur du texte, a dénoncé "une façon paternaliste de nous dire ce qui est bon et ce qui n'est pas bon pour nous". Il a également appelé "les Guyanais à la désobéissance civile".
Le débat a également été évoqué le 12 juin 2026 lors d’une audition au Sénat de Monique Barbut, ministre de la Transition écologique. "Si Total refuse de forer comme elle le dit, vous voulez donner le forage à qui ? Aux Russes, aux Chinois ou aux Américains ?", a-t-elle déclaré.
La ministre a aussi souligné les délais liés à une éventuelle exploitation. "Il faut à peu près huit ans de forage et sept ans avant que vous puissiez sortir le pétrole. C'est-à-dire que nous sommes en train de discuter de savoir si la Guyane aura du pétrole dans quinze ans", a indiqué Monique Barbut, ministre de la Transition écologique.
memento.fr

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