Alors que la saison des pluies touche à sa fin, période habituellement propice à la reconstitution des réserves en eau, La Réunion enregistre depuis janvier 2026 un déficit pluviométrique important. Cette situation entraîne déjà des conséquences visibles : diminution des débits des cours d’eau dans le Nord et l’Est, baisse du niveau des nappes souterraines et affaiblissement des réserves en eau, bien plus tôt que prévu. Une situation jugée préoccupante par l’Office de l’Eau de La Réunion, qui alerte sur de possibles tensions sur la ressource dans les prochaines semaines si le déficit persiste.
L’Ouest de l’île apparaît particulièrement exposé. La nappe du Port se recharge lentement et des niveaux préoccupants signalent des intrusions d’eau salée dans plusieurs nappes. Les autorités soulignent que les seuils critiques doivent impérativement être évités afin de préserver la qualité de l’eau.
Dans ce contexte, et à l’issue d’une consultation du comité sécheresse, le préfet de La Réunion, Patrice Latron, a décidé de mettre en place plusieurs mesures visant à préserver la ressource et protéger les milieux aquatiques. L’ensemble du département est ainsi placé en niveau de vigilance pour les ressources superficielles et souterraines. Ce niveau n’entraîne pas de restrictions, mais appelle à une utilisation responsable de l’eau par l’ensemble des usagers.
En parallèle, plusieurs communes de l’Ouest — Saint-Paul, Le Port, La Possession, Trois-Bassins et Saint-Leu — sont placées en niveau d’alerte pour les eaux souterraines. Dans ces territoires, des restrictions d’usage s’appliquent, notamment en matière d’arrosage ou de lavage des véhicules. Les autorités invitent les habitants à consulter les mesures en vigueur dans leur commune via le site VigiEau ou auprès de leur mairie.
Ce déficit hydrique s’explique par un changement brutal des conditions météorologiques en ce début d’année. Après une fin d’année 2025 excédentaire en précipitations, avec +26 % en novembre et +36 % en décembre, les trois premiers mois de 2026 affichent des niveaux largement inférieurs aux normales saisonnières. En janvier, les précipitations ont atteint 230 mm contre 430 mm attendus, soit un déficit de 45 %. En février, 190 mm ont été relevés pour une normale de 460 mm, soit un déficit de 60 %. Au 15 mars, seulement 40 mm ont été enregistrés, contre une normale de 410 mm. Ce manque de pluie est principalement lié à l’absence de dépressions tropicales et à des épisodes pluvieux insuffisants, effaçant rapidement les excédents enregistrés en 2025 et fragilisant les ressources en eau.
Face à cette situation, les autorités insistent sur la nécessité d’une mobilisation collective. Chaque geste du quotidien est présenté comme déterminant pour préserver les nappes et garantir l’approvisionnement en eau potable à long terme. Il est recommandé de limiter l’arrosage, de privilégier des douches plus courtes, d’éviter le lavage des véhicules en dehors des stations professionnelles et d’utiliser des systèmes économes en eau, comme le goutte-à-goutte, en évitant notamment les arrosages en journée. Les usagers sont également invités à signaler tout gaspillage ou prélèvement suspect auprès des mairies ou de la préfecture.
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