
À plus de 4 300 kilomètres de l’Hexagone, Saint-Pierre-et-Miquelon cultive avec force son identité française. Dans cet archipel de l’Atlantique Nord où Emmanuel Macron est en déplacement, la proximité immédiate du Canada et les tensions géopolitiques régionales donnent aujourd’hui une dimension particulière à cet attachement.
Samedi, le président de la République a réaffirmé que Saint-Pierre-et-Miquelon était français et que "c’est une évidence", après la diffusion par Donald Trump d’une carte représentant une large partie de l’Amérique du Nord aux couleurs américaines. Emmanuel Macron doit également y rencontrer ce dimanche le Premier ministre canadien Mark Carney.
Sur place, la présence française passe aussi par la Marine nationale. Le patrouilleur Fulmar, seul bâtiment militaire français basé en permanence dans l’archipel, assure des missions dans une immense zone allant des côtes américaines jusqu’au Grand Nord. "On a une mission de vigie, de sentinelle française dans l’Atlantique nord-ouest", explique son commandant.
Cette position prend une importance nouvelle avec l’évolution des routes maritimes dans l’Arctique et l’intérêt croissant des grandes puissances pour la région. Le Fulmar, qui doit être remplacé à l’horizon 2030, participe également à des exercices avec les forces canadiennes et américaines.
Mais la souveraineté se raconte surtout à travers les habitants. "Je suis Français, je suis Européen et je suis Américain. Je suis né en Amérique du Nord", résume le pêcheur Gilles Poirier. Xavier Largerie, entrepreneur local, se dit lui aussi "fier d’être Français".
Le quotidien conserve pourtant une forte influence nord-américaine, des maisons en bois colorées aux véhicules et produits importés du Canada. L’archipel reste très dépendant de son grand voisin pour ses transports, son approvisionnement ou encore une partie de ses échanges économiques.
Depuis le déclin de la pêche à la morue et la fermeture des dernières conserveries, Saint-Pierre-et-Miquelon cherche de nouveaux débouchés. Homard, crabe des neiges et flétan alimentent désormais les marchés canadiens et américains. Gilles Poirier nourrit encore un rêve très français, "voir un jour le homard de Saint-Pierre en métropole".
Entre Europe et Amérique du Nord, Saint-Pierre-et-Miquelon continue ainsi de défendre une identité singulière, géographiquement américaine mais profondément attachée à la France.
Mémento


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