
Après un début d’année particulièrement dynamique, l’activité des TPE-PME réunionnaises perd de la vitesse. Le dernier baromètre réalisé par le Conseil régional de l’Ordre des experts-comptables de La Réunion avec SO'NELPH fait apparaître une progression du chiffre d’affaires de "1,3 % au deuxième trimestre 2026" par rapport à la même période de 2025. Au premier trimestre, la hausse atteignait encore "4,5 %".
Le ralentissement est donc marqué. Sur l’ensemble du premier semestre, la progression cumulée du chiffre d’affaires reste toutefois positive à "2,5 %". La Réunion conserve également une position favorable par rapport aux autres territoires étudiés puisqu’elle se classe "au troisième rang" derrière la Normandie et Auvergne-Rhône-Alpes. Son résultat dépasse de "0,5 point la moyenne française".
Ces résultats doivent néanmoins être interprétés avec prudence. Les données présentées ne sont "pas corrigées de l’inflation". En juin, les prix à la consommation avaient progressé de "1,5 % sur douze mois" à La Réunion, avec une hausse particulièrement importante de l’énergie et des produits pétroliers.
Autre signal de fragilité, les défaillances d’entreprises continuent d’augmenter fortement. Le baromètre fait état d’une progression de "32 %" au deuxième trimestre, représentant "330 défaillances". L’économie réunionnaise continue donc de générer du chiffre d’affaires, mais dans un environnement où les difficultés d’entreprises deviennent plus nombreuses.
Les écarts restent importants selon les secteurs.
La construction figure parmi les activités les mieux orientées avec une hausse de "5,5 %" au deuxième trimestre et de "6,4 %" depuis le début de l’année. Les entreprises de maçonnerie et de gros œuvre font encore mieux avec une progression trimestrielle de "11,5 %" et une hausse cumulée de "9,7 %".
Les transports et l’entreposage enregistrent également une progression importante de "7,3 %" sur un an au deuxième trimestre. Depuis janvier, leur chiffre d’affaires augmente de "3,1 %", même si les entreprises restent confrontées à la hausse du coût du carburant, à des marges sous pression et à une visibilité économique réduite.
Le commerce résiste également avec une hausse de "1,8 %" au deuxième trimestre et de "3,3 %" sur le semestre. Cette évolution générale masque toutefois de fortes difficultés dans l’habillement, où le chiffre d’affaires recule de "5,1 %" sur le trimestre et de "3,7 %" depuis le début de l’année.
La situation apparaît beaucoup plus préoccupante dans l’hébergement et la restauration. L’activité y recule pour le "dixième trimestre consécutif", avec une baisse de "7,8 %" au deuxième trimestre et de "7,2 %" depuis janvier. La restauration traditionnelle est encore davantage touchée avec un chiffre d’affaires en recul de "10,7 %" sur le trimestre et de "11,2 %" sur le premier semestre.
L’immobilier connaît lui aussi un nouveau repli avec une baisse de "4,1 %" au deuxième trimestre et de "3,1 %" depuis le début de l’année. Les activités spécialisées, scientifiques et techniques reculent pour leur part de "1,9 %" après sept trimestres consécutifs de progression, même si leur bilan semestriel demeure positif à "2,5 %".
Le constat général reste donc contrasté. La croissance réunionnaise résiste et demeure supérieure à la moyenne nationale parmi les régions étudiées, mais l’accélération observée en début d’année a clairement disparu. Entre retour de l’inflation, tensions énergétiques et multiplication des défaillances, le deuxième semestre devra confirmer si ce ralentissement reste temporaire ou traduit une dégradation plus durable de l’activité des petites et moyennes entreprises réunionnaises.
Mémento


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