Selon une information de l’AFP, la Guadeloupe fait face à une double crise de l’eau. Alors que la sécheresse et l’état du réseau de distribution multiplient les coupures d’eau potable, la dégradation du système d’assainissement entraîne également des interdictions de baignade sur plusieurs sites touristiques de l’archipel.
Le Syndicat mixte de gestion de l’eau et de l’assainissement de la Guadeloupe (SMGEAG) a annoncé avoir dû revoir son programme de tours d’eau afin de rationner la distribution. Déjà confronté à une crise structurelle de l’eau potable, le territoire subit désormais un déficit pluviométrique persistant qui accentue les difficultés d’un réseau fortement fragilisé par les fuites.
La situation météorologique aggrave encore les tensions. Placée en situation de sécheresse, la Guadeloupe a connu son deuxième mois de juin le plus sec depuis 1991, selon Météo-France. Les précipitations restent déficitaires sur l’ensemble de l’archipel, avec des écarts allant de 20 % sur les monts Caraïbes à 75 % sur certaines zones de Grande-Terre.
Pour les habitants, les conséquences sont immédiates. Les coupures d’eau deviennent quotidiennes dans plusieurs secteurs. Certains résidents expliquent devoir vivre plusieurs semaines sans eau au robinet et se tournent vers l’achat massif d’eau en bouteille pour répondre à leurs besoins essentiels.
À cette pénurie s’ajoute une autre difficulté majeure. Plusieurs sites de baignade ont récemment été fermés en raison de la présence de germes révélant une contamination fécale. Sont notamment concernés la cascade aux Écrevisses, la rivière de Ferry à Deshaies et la plage de la Caravelle à Sainte-Anne, des lieux particulièrement fréquentés par les habitants comme par les touristes.
Selon les autorités, cette dégradation est directement liée à l’état du réseau d’assainissement. La préfecture rappelle d’ailleurs que plusieurs sites font déjà l’objet d’une interdiction permanente de baignade en raison de problèmes récurrents de qualité des eaux.
Les dernières données publiées par l’Agence régionale de santé confirment cette tendance. Seuls 29,4 % des sites en rivière présentent une qualité d’eau jugée excellente, contre 72,1 % pour les zones de baignade en mer. Neuf sites, répartis entre rivières et littoral, demeurent interdits d’accès depuis plus de cinq ans.
Face à cette situation qui touche simultanément la distribution d’eau potable et l’assainissement, les élus locaux ont adopté plusieurs résolutions à la fin du mois de juin. Ils demandent notamment à l’État d’intervenir dans le cadre d’une opération d’intérêt national afin d’accélérer la remise à niveau des infrastructures et d’apporter une réponse durable à une crise qui s’installe depuis plusieurs années.
Memento

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