
À l’approche des derniers arbitrages du projet de loi de finances pour 2027, les filières agricoles ultramarines redoutent une réduction de leurs moyens. Le sénateur de la Guadeloupe Victorin Lurel alerte le Gouvernement sur des économies qui pourraient atteindre "près de 24 millions d’euros" et toucher la canne-sucre-rhum, la banane ainsi que la diversification agricole.
La principale inquiétude concerne la filière canne-sucre-rhum. L’enveloppe nationale pourrait passer "de 147 millions d’euros à 130 millions d’euros dans le PLF 2027", soit une diminution de 17 millions d’euros. Victorin Lurel demande au contraire de préserver ces crédits et souhaite "sanctuariser voire indexer la prime bagasse sur l’inflation" afin d’éviter une dégradation des revenus des planteurs.
La diversification agricole est également concernée. Le parlementaire réclame le renouvellement d’un abondement de "5 millions d’euros" permettant de prendre en charge une partie du coût du fret de l’alimentation animale par le Régime d’approvisionnement spécifique. Il rappelle que le budget du RSA "n’a pas évolué depuis 2013", malgré l’inflation et la progression des besoins des filières locales.
La production de bananes pourrait, elle aussi, perdre une partie de ses soutiens. Une baisse de "1,7 million d’euros" de l’enveloppe consacrée à cette filière est envisagée alors que les exploitations de Guadeloupe et de Martinique restent confrontées à plusieurs difficultés structurelles.
Les demandes portent également sur les crédits européens. Victorin Lurel souhaite "la hausse voire le doublement du budget du POSEI" lors de la prochaine programmation européenne 2028-2034, accompagnée d’un rééquilibrage de sa répartition. Il rappelle que ce budget "n’a pas été revalorisé depuis 2011".
La question climatique vient renforcer les inquiétudes. Alors que l’État mobilise "1,3 milliard d’euros" pour les agriculteurs touchés par la sécheresse dans l’Hexagone, le sénateur demande que les Outre-mer puissent bénéficier de moyens comparables. Un fonds exceptionnel de "10 millions d’euros pour les Antilles" a notamment été débloqué, mais certains dispositifs nationaux resteraient difficilement accessibles aux exploitations ultramarines.
Pour Victorin Lurel, ces réductions budgétaires apparaissent difficiles à concilier avec la volonté affichée de développer la souveraineté alimentaire dans les territoires ultramarins. Il demande ainsi "la sanctuarisation des crédits" consacrés à ces agricultures avant les arbitrages définitifs du budget 2027.
Mémento


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