
Le climat s’améliore doucement dans les foyers réunionnais, sans pour autant déclencher une véritable euphorie de consommation. L’édition 2026 de l’Observatoire Crédit Moderne dessine le portrait de ménages un peu plus confiants, mais toujours attentifs à leurs dépenses, au prix des biens et aux incertitudes économiques.
Le premier signal positif vient du moral général. À La Réunion, il atteint "5,4 sur 10 en 2026", après "4,8 sur 10 en 2025". La situation personnelle est même mieux appréciée, avec une note qui progresse de 5,7 à 6,2 sur 10. Une amélioration sensible après le passage à vide observé l’an dernier.
Cette confiance retrouvée ne se transforme cependant pas immédiatement en dépenses supplémentaires. Les intentions de consommation restent pratiquement inchangées par rapport à 2025, tout comme les projets d’épargne. Le communiqué évoque "une prudence des ménages dans un contexte économique toujours incertain et volatil".
Dans le détail, certains arbitrages évoluent fortement. Les voyages et loisirs arrivent largement en tête des projets pour les douze prochains mois, avec 51 % d’intentions d’achat, contre 38 % en 2025. Le bricolage et le jardinage progressent également à 31 %, tout comme l’électroménager. Les travaux de rénovation remontent à 28 %. À l’inverse, l’achat immobilier demeure limité à 8 %, tandis qu’une voiture neuve ne concerne que 7 % des personnes interrogées.
La voiture reste désirée mais son prix bloque
L’automobile conserve pourtant une place particulière dans le quotidien réunionnais. "85 % des Réunionnais ont une bonne ou une très bonne image de la voiture". Mais cette affection se heurte désormais directement au coût d’acquisition. Le prix arrive en tête des critères de choix d’un véhicule neuf, devant la fiabilité et la sécurité. 51 % citent un prix compatible avec leur budget parmi leurs trois premiers critères, 48 % la robustesse et la fiabilité et 43 % le niveau de sécurité.
Le constat sur les tarifs est particulièrement sévère. À La Réunion, 77 % des sondés jugent le prix moyen des voitures neuves très élevé et 17 % plutôt élevé. "95 % des personnes interrogées considèrent que les prix des voitures ont beaucoup augmenté" ces dernières années.
Face à cette hausse, les automobilistes se disent prêts à renoncer à certaines prestations. La technologie embarquée arrive en première ligne, avec 37 % des Réunionnais disposés à réduire ce niveau d’équipement pour obtenir un véhicule moins cher. La puissance du moteur suit à 35 %. La finition intérieure, les options ou certaines aides à la conduite peuvent également être sacrifiées au profit d’un tarif plus accessible.
Autre difficulté, les dispositifs publics sont mal compris. À La Réunion, 79 % des personnes interrogées jugent les politiques concernant l’automobile peu claires et 83 % estiment qu’elles changent trop souvent. "Plus de 8 personnes interrogées sur 10 considèrent que les aides publiques sont trop complexes et trop instables". Cette succession de primes, règles et modifications peut favoriser l’attentisme plutôt que l’achat.
Le vieillissement va aussi modifier la consommation
L’étude ouvre enfin un autre chantier majeur pour l’économie réunionnaise, celui du vieillissement de la population. Les comportements de consommation devraient progressivement évoluer vers davantage de services liés aux loisirs, au bien-être, à la santé et à l’autonomie.
À La Réunion, "65 % des habitants de l’île souhaitent rester chez eux le plus longtemps possible" en cas de perte d’autonomie. 22 % préféreraient être accueillis par un proche et 13 % envisageraient une structure spécialisée. Le maintien à domicile pourrait donc devenir un marché de plus en plus important, avec des besoins dans l’aménagement du logement, les services à la personne, la santé et les équipements adaptés.
La consommation conserve néanmoins une dimension de plaisir. "89 % des Réunionnais associent la consommation à l’idée de se faire plaisir de temps en temps". Les achats d’occasion occupent également une place notable dans les habitudes tandis que le commerce en ligne possède encore une marge de développement importante.
L’enquête a été menée en janvier et février 2026 auprès de 800 personnes dans les quatre territoires étudiés, dont 200 à La Réunion. Les entretiens ont été réalisés par téléphone selon une méthode fondée notamment sur l’âge, le sexe, la catégorie socioprofessionnelle et la commune de résidence.
Mémento


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