
Plus d’un siècle après la condamnation de Louis Grilly, son histoire continue de traverser les générations. Laetitia Riotte, 46 ans, a quitté le Calvados pour effectuer son premier voyage en Guyane et tenter de reconstituer le parcours de cet arrière-grand-oncle dont la mémoire est restée présente dans sa famille.
Condamné en 1921 pour plusieurs vols ainsi qu’une tentative d’incendie qui lui est attribuée, Louis Grilly est envoyé aux travaux forcés puis à la relégation. Arrivé en Guyane au début de 1922, alors qu’il a une vingtaine d’années, il ne pourra plus revenir dans l’Hexagone après sa peine.
Laetitia Riotte cherche aujourd’hui à "rendre hommage" à cet homme et à restituer son histoire avec la plus grande précision possible. Ses recherches l’ont conduite au camp de la Transportation à Saint-Laurent-du-Maroni, aux îles du Salut, dans les archives territoriales mais également dans différents lieux de Cayenne fréquentés par son parent.
La démarche est rendue difficile par des archives incomplètes et dispersées. Près de 70 000 personnes ont été déportées en Guyane depuis la création du bagne en 1852, parmi lesquelles environ 52 000 condamnés aux travaux forcés et 16 000 multirécidivistes. L’institution ferme officiellement en 1946, mais les derniers survivants ne regagnent l’Hexagone qu’en 1953.
Un bagnard devenu peintre
Louis Grilly a néanmoins laissé derrière lui des traces très concrètes. Il peignait des paysages, mais également des éventails ou des assiettes afin de gagner sa vie. Plusieurs de ses œuvres sont aujourd’hui réparties entre sa famille, des musées et des collectionneurs privés.
Laetitia Riotte cherche aussi à rectifier certaines informations diffusées à son sujet. Elle insiste notamment sur l’année de son décès, "1961, et non 1970", une erreur encore reprise dans plusieurs publications.
Son voyage s’est achevé à Cayenne, près de l’ancien hôpital Jean-Martial où Louis Grilly est mort. Une étape particulièrement symbolique pour cette descendante qui prépare désormais un livre consacré à son arrière-grand-oncle et souhaite redonner une identité à celui dont le destin avait été englouti par l’univers carcéral du bagne.
Mémento


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