Monique Barbut poursuivra sa mission à la tête du ministère de la Transition écologique. La ministre de 69 ans avait présenté sa démission le 22 juillet 2026, au lendemain de l’adoption par le Parlement de la loi d’urgence agricole. Emmanuel Macron l’a refusée et lui a assuré son soutien. La réintroduction partielle, par le texte, de certains pesticides autorisés dans l’Union européenne mais interdits en France constituait l’un des principaux points de désaccord de la ministre. Le 18 juillet 2026, elle estimait que cette mesure restait « encore le principal sujet qui crispe ».
Après le vote définitif de la loi le 21 juillet, Monique Barbut a remis sa démission le lendemain matin. Elle a finalement accepté de « poursuivre sa mission à la demande » du président de la République, a indiqué son cabinet.
Une technicienne habituée aux dossiers internationaux
Longtemps restée en retrait de la scène politique, Monique Barbut dispose d’un parcours dans le service public, les organisations internationales et la défense de l’environnement. Elle privilégie généralement le travail en coulisses aux interventions médiatiques. Sa première grande interview n’est ainsi intervenue que huit mois après son entrée au gouvernement.
Diplômée de l’Institut des hautes études internationales de l’université Panthéon-Assas, elle a présidé WWF France entre 2021 et 2023. Elle avait auparavant occupé le poste de secrétaire exécutive de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification de 2013 à 2019. Entre 2006 et 2012, elle avait été présidente et directrice générale du Fonds pour l’environnement mondial. En 2019, Emmanuel Macron l’avait également nommée émissaire pour la biodiversité dans le cadre du One Planet Summit. Monique Barbut est mariée et mère de trois enfants.
Plusieurs désaccords au sein du gouvernement
Nommée ministre en octobre, Monique Barbut s’était déjà opposée à plusieurs reprises à d’autres membres de l’exécutif. En janvier, elle avait contesté la position de la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, sur la réintroduction de projets de recherche d’hydrocarbures dans certains territoires ultramarins. Elle avait alors mis sa démission dans la balance avant d’obtenir gain de cause lors de l’arbitrage gouvernemental.
La ministre avait également menacé de quitter le gouvernement en raison des moyens financiers attribués à son portefeuille. « Moi, ce que je veux, ce sont de vrais budgets pour l’adaptation et le Fonds vert », avait-elle insisté, sans parvenir à éviter de nouvelles réductions budgétaires. Le 21 juillet 2026, une source gouvernementale avait ironisé sur ces menaces répétées de départ, estimant que « faire de la politique, ça ne s’improvise pas ».
Une ministre sans relais politique solides
Son arrivée au premier plan de la vie politique l’a placée dans une position d’isolement, sans relais importants au Parlement ni soutien clairement identifié au sein du gouvernement.
Ses rares interventions publiques ont également suscité plusieurs polémiques. À la fin du mois de juin, elle avait présenté comme un fait l’un des scénarios établis par Météo-France concernant une éventuelle canicule. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, avait alors rappelé qu’il ne s’agissait que d’un scénario parmi d’autres et appelé à être « extrêmement prudent lorsqu’on parle de prévisions météorologiques ».
Deux jours plus tard, des déclarations de Monique Barbut sur la climatisation avaient provoqué une nouvelle controverse.
Les relations avec son ministre délégué, Mathieu Lefèvre, sont par ailleurs décrites comme « délicates ». Lors des débats budgétaires, celui-ci s’était publiquement démarqué de la ministre en défendant « le sérieux budgétaire ». Un désaccord était également apparu sur la gestion des forêts. Très présent dans les médias et sur les réseaux sociaux, Mathieu Lefèvre avait défendu sur X un « moratoire sur les normes imposées à la filière bois », contrairement à la position de Monique Barbut.
Une action saluée sur la protection de la nature
Malgré ces difficultés, certains acteurs de la protection de l’environnement soulignent son implication sur plusieurs dossiers. Selon Cédric Marteau, directeur du pôle Protection de la nature de la Ligue pour la protection des oiseaux, son action a « souvent malheureusement été contrée par l’exécutif », mais elle a également permis de faire progresser plus discrètement des sujets comme la protection des espèces.
« Ça a été une ministre très courageuse qui a donné beaucoup d’énergie », estime le responsable associatif.
Un connaisseur des politiques environnementales considère toutefois que Monique Barbut a souffert de son « manque d’incarnation ».
Le 21 juillet 2026, avant l’adoption de la loi d’urgence agricole, l’association Agir pour l’Environnement avait également critiqué son absence à l’Assemblée nationale. « L’absence remarquée de la ministre de l’Écologie sur les bancs de l’Assemblée nationale questionne sur l’utilité d’une ministre qui joue au roi du silence depuis sa nomination », avait déclaré l’organisation.
memento.fr

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