La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, travaille au déblocage d’une seconde vague de crédits de la Ligne budgétaire unique consacrée au logement ultramarin, estimée à près de 50 millions d’euros. Cette enveloppe viendrait compléter les 27 millions d’euros déjà engagés en 2026. La Région Réunion souligne toutefois que ce financement reste à confirmer et appelle à poursuivre la mobilisation.
La question des crédits de la LBU a été abordée le lundi 20 juillet 2026 lors d’un échange entre Naïma Moutchou et la maire de Saint-Denis, Ericka Bareigts. Cette dernière avait sollicité la ministre face aux inquiétudes suscitées par la baisse annoncée des moyens destinés au logement social dans les territoires ultramarins. À l’issue de cette rencontre, la ministre a réaffirmé sa mobilisation en faveur de la poursuite des financements.
Un niveau de financement proche de 80 millions d’euros recherché
Naïma Moutchou a indiqué travailler avec les bailleurs sociaux et le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, à la préparation d’une seconde vague de financements évaluée à près de 50 millions d’euros. Ajoutée aux 27 millions d’euros déjà engagés, cette enveloppe permettrait de porter le niveau global des crédits à près de 80 millions d’euros. L’objectif annoncé est de parvenir à un accord d’ici la rentrée de septembre 2026.
La Région Réunion a estimé, le 22 juillet, que la confirmation d’un abondement de 50 millions d’euros constituerait une avancée positive. Elle y voit également la démonstration qu’une mobilisation « déterminée, argumentée et unitaire » peut influer sur les décisions de l’État.
La collectivité régionale rappelle cependant que rien n’est encore acquis. À ce stade, le montant de la LBU pour 2026 reste fixé à 27 millions d’euros, contre 85,65 millions d’euros en 2024 et 78,5 millions d’euros en 2025. Elle estime qu’une baisse des crédits aurait des conséquences sur la programmation des opérations de logement et sur l’activité du secteur du bâtiment et des travaux publics.
Plus de 10 000 demandes de logement en attente à Saint-Denis
Pour la Ville de Saint-Denis, le maintien des crédits représente un enjeu important. La commune compte 24 000 logements sociaux, soit 38 % de son parc de logements et près de quatre logements sur dix. Elle dispose ainsi du plus grand parc social de La Réunion.
Une part importante de ce patrimoine est vieillissante et nécessite des opérations de réhabilitation. Dans le même temps, l’attractivité de Saint-Denis renforce les besoins, alors que plus de 10 000 demandes de logement demeurent en attente.
Engagée dans une transformation urbaine, la Ville doit poursuivre la rénovation de son parc existant et la construction de nouveaux logements. Elle présente la LBU comme un levier indispensable pour répondre aux besoins des habitants, mais aussi pour soutenir l’emploi, l’activité économique et le développement du territoire.
Une mobilisation engagée depuis mai 2026
La Région Réunion appelle à poursuivre la mobilisation lancée lors de la manifestation du 20 mai 2026. Cette action avait donné lieu à l’envoi d’un courrier au Premier ministre. Elle s’était ensuite prolongée par une motion signée par les acteurs professionnels et institutionnels réunis le 18 juin 2026 à la Chambre de commerce et d’industrie de La Réunion.
La Ville de Saint-Denis indique également qu’elle restera mobilisée aux côtés des acteurs concernés jusqu’à la concrétisation de cette seconde vague de financements. Elle rappelle que les crédits de la LBU conditionnent des projets de réhabilitation, la construction de nouveaux logements et la réponse apportée aux familles en attente. Pour la municipalité, le droit à un logement digne doit rester une priorité nationale dans les territoires ultramarins.
memento.fr

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