
La première édition du Prix du Mérite professionnel a récompensé cinq stagiaires de l’AFPAR pour la qualité de leur parcours, leur persévérance et leur engagement dans leur formation. Organisée le 22 septembre au Centre professionnel de l’océan Indien à Saint-Pierre, la cérémonie a consacré Soraya Rivière-Dijoux, actuellement en formation de mécanicienne réparatrice de motocycles.
Créé conjointement par l’AFPAR et le Rotary Club Saint-Pierre–Le Tampon, ce nouveau prix veut distinguer des adultes engagés dans une formation professionnelle, parfois après une reconversion ou après avoir traversé des difficultés personnelles et professionnelles.
Le partenariat repose sur la volonté de « reconnaître le travail accompli par les stagiaires » et de rappeler le rôle de la formation professionnelle dans l’insertion, l’évolution professionnelle et la reprise de confiance.
L’AFPAR apporte son expertise pédagogique et sa connaissance des parcours des candidats. Le Rotary Club Saint-Pierre–Le Tampon participe au financement des récompenses et mobilise son réseau d’entreprises et d’acteurs économiques afin de rapprocher davantage la formation du monde professionnel.
Jacky Ajorque, président du Rotary Saint-Pierre–Le Tampon, rappelle que le Rotary accorde « une place essentielle à la valeur travail, à l’éthique professionnelle, à la transmission des compétences et à la reconnaissance de celles et ceux qui s’engagent avec sérieux dans leur parcours professionnel ».
Le jury n’a pas uniquement examiné les résultats obtenus pendant la formation. L’assiduité, le comportement professionnel, la motivation, la progression accomplie et la solidité du projet de chaque candidat ont également été pris en compte.
Après une présélection réalisée par les équipes de l’AFPAR, les candidats ont présenté leur parcours et leur projet devant un jury réunissant des représentants de l’organisme de formation et du Rotary Club Saint-Pierre–Le Tampon.
Soraya Dijoux a remporté le Prix Excellence pour sa formation de mécanicienne réparatrice de motocycles. Jean Alexandre Clain, en formation de mécanicien automobile, obtient le Prix Performance. Marine Dorseuil, future conseillère en insertion professionnelle, reçoit le Prix Exigence.
Deux mentions spéciales ont également été attribuées. Sitraka Rakotonirina, en formation de technicien d’après-vente en électroménager et audiovisuel, et Richard Lorion, en formation de menuisier de fabrication bois et dérivés, complètent le palmarès de cette première édition.
Les organisateurs souhaitent désormais faire de cette récompense un rendez-vous régulier afin de valoriser les parcours de formation, d’encourager les stagiaires et de renforcer les relations entre les organismes de formation et les entreprises réunionnaises.
Pour Frédéric Dijoux, directeur général de l’AFPAR, « dans une société où l’on parle souvent de résultats, il est également nécessaire de reconnaître le chemin parcouru. Reconnaître l’effort, la volonté et le mérite ».
Le parcours de la lauréate illustre l’esprit de cette nouvelle distinction.
À 31 ans, Soraya Rivière-Dijoux a choisi de changer complètement de voie professionnelle. Installée à Saint-Philippe et mère de deux enfants, elle avait initialement suivi des études de comptabilité et de finance d’entreprise. Après son baccalauréat, elle avait travaillé quelques années dans ce domaine avant d’interrompre sa carrière à la naissance de sa fille.
Huit années passent avant qu’un événement ne provoque un véritable changement de trajectoire. À 30 ans, Soraya décide de passer son permis moto, concrétisant une envie présente depuis son enfance.
La découverte de la moto ne reste pas un simple loisir. Elle veut comprendre la mécanique, apprendre à réparer les machines et transformer cette passion en métier.
Avant de commencer une formation, elle choisit toutefois de vérifier que son enthousiasme résiste à la réalité du travail en atelier. Elle démarche elle-même un garage de Saint-Pierre et décroche un premier stage en mécanique moto. L’expérience confirme son choix.
En mars, elle rejoint l’AFPAR avec une ambition précise, acquérir les compétences nécessaires pour travailler dans la mécanique moto et envisager ensuite la création de sa propre entreprise.
Reprendre une formation à 31 ans nécessite de retrouver les habitudes de l’apprentissage. Soraya résume cette étape par une formule simple, « Recommencer à zéro, c’est aussi apprendre à apprendre différemment. »
Il faut accepter de ne pas maîtriser immédiatement les gestes, identifier les difficultés puis répéter jusqu’à acquérir les automatismes nécessaires.
La jeune femme entre également dans un secteur encore très largement masculin. Elle estime avoir parfois dû davantage démontrer ses capacités pour faire reconnaître sa légitimité.
De cette expérience, elle tire une conviction forte. « Il ne faut pas attendre qu’on nous la donne », affirme-t-elle lorsqu’elle évoque la place des femmes dans ces métiers.
Soraya ne s’attendait pas à être distinguée. Venue initialement apprendre un métier, elle découvre que son propre parcours peut également servir d’exemple et encourager d’autres personnes à envisager une reconversion.
Ses enfants restent sa principale source de motivation. « Ma grande force, ce sont mes enfants. Ce sont eux qui me donnent envie de rêver grand, de viser haut et d’aller toujours plus loin », explique-t-elle.
Aux jeunes filles attirées par des professions encore considérées comme masculines, elle adresse avant tout un encouragement à oser franchir les portes des ateliers.
Son expérience personnelle se résume finalement en quelques mots, « Pousser les portes de l’Afpar a changé ma vie ».
Mémento


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