
Le projet de restitution de l’archipel des Chagos à Maurice entre dans une nouvelle phase diplomatique. Le gouvernement britannique cherche désormais à élaborer un compromis susceptible d’obtenir l’approbation des États-Unis, après la suspension de l’accord signé avec Port-Louis en mai 2025.
Le ministre britannique de la Défense, Wes Streeting, a reconnu mercredi 23 septembre que "l’accord, dans sa forme actuelle, ne peut pas aller de l’avant sans le soutien des États-Unis". Londres entend donc reprendre les discussions afin de trouver une formule acceptable pour Washington comme pour Maurice.
"Nous devons donc parvenir à un accord qui bénéficie à la fois du soutien américain, de l’aval du gouvernement mauricien et de celui de notre propre gouvernement", a déclaré Wes Streeting sur la BBC.
L’accord initial avait été conclu en mai 2025 après plusieurs années de négociations entre Londres et Port-Louis. Il prévoyait la restitution de l’archipel à Maurice tout en maintenant la présence militaire britannique et américaine sur Diego Garcia. Le Royaume-Uni devait conserver un bail de 99 ans sur cette île stratégique, contre "un paiement annuel de 101 millions de livres", soit environ 120 millions d’euros.
Mais le processus a été suspendu en avril 2026 après les critiques de Donald Trump. Le président américain a de nouveau qualifié l’accord de "terrible" mardi, lors de sa première rencontre avec le Premier ministre britannique Andy Burnham, organisée en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York.
À l’issue de cet échange, Andy Burnham a lui aussi évoqué la nécessité de revoir le dispositif. "Nous devons trouver un compromis entre les différentes parties et nous travaillons dur pour y parvenir", a-t-il déclaré.
La position américaine pèse fortement dans ce dossier en raison du rôle militaire de Diego Garcia. La base américano-britannique implantée sur l’île constitue un point d’appui stratégique dans l’océan Indien. Elle a notamment joué "un rôle majeur dans les deux guerres menées par les États-Unis en Irak" et a également servi au lancement d’attaques de bombardiers B-2 contre les rebelles houthis au Yémen.
Donald Trump a également reproché à l’ancien Premier ministre britannique Keir Starmer d’avoir refusé que des bombardiers américains utilisent Diego Garcia pour frapper l’Iran lors de la guerre de février et mars 2026.
L’évolution actuelle marque un changement par rapport à la position défendue par Keir Starmer au moment de la signature de l’accord. L’ancien chef du gouvernement britannique affirmait alors qu’il n’existait "pas d’autre alternative" au texte négocié avec Maurice.
Le dossier des Chagos reste l’un des héritages de la décolonisation dans l’océan Indien. Londres avait conservé le contrôle de l’archipel lorsque Maurice avait obtenu son indépendance du Royaume-Uni en 1968. La recherche d’un nouvel accord devra désormais concilier la revendication mauricienne de souveraineté, les intérêts britanniques et le maintien des capacités militaires américaines à Diego Garcia.
Mémento


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