Six médinas séculaires des Comores ont été inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco samedi 25 juillet, une décision annoncée lors de la 48? session du Comité du patrimoine mondial réunie à Busan, en Corée du Sud.
Selon l’AFP, il s’agit du premier bien comorien à intégrer cette prestigieuse liste internationale, qui recense plus de 1 200 sites culturels et naturels d’intérêt exceptionnel.
Ces anciennes cités-États, construites pour certaines dès le XII? siècle, témoignent de l’architecture swahilie et de l’histoire des anciens sultanats de l’archipel. Développées le long des routes commerciales de l’océan Indien, elles rassemblent des murailles défensives, des palais, des mosquées, des places publiques et un réseau de ruelles étroites.
Selon l’AFP, quatre des médinas inscrites se trouvent sur l’île de Grande Comore et deux sur celle d’Anjouan.
Présent à Busan, le ministre comorien de la Culture, Saïd Mohamed Ali Saïd, a salué cette reconnaissance internationale. « Ce classement n’est pas une ligne d’arrivée mais un point de départ », a-t-il déclaré.
Le ministre a également rappelé que ces médinas « ne sont pas de simples sites historiques pour nous. Ce sont des villes vivantes, où l’on continue de prier, de commercer et de célébrer les grands moments de la vie exactement comme le faisaient nos aïeux », évoquant une « immense fierté ».
D’après l’AFP, cette inscription devrait favoriser la préservation de ces quartiers historiques, aujourd’hui fragilisés par l’urbanisation et les transformations du bâti. « Ce patrimoine est fragile, et par endroits en réel danger. Le classement change la donne, il nous oblige, mais il nous ouvre aussi des portes », a ajouté le ministre.
Le comité du patrimoine mondial de l’Unesco souligne que ces sites mettent en valeur « des formes urbaines insulaires et des expressions architecturales issues des échanges culturels liés aux migrations et aux réseaux commerciaux de l’océan Indien ».
Le président comorien Azali Assoumani a, lui aussi, salué cette décision. « Nous avons été la mondialisation avant l’heure », a-t-il déclaré, estimant que l’archipel a longtemps constitué « un carrefour actif, un lieu d’échanges, de savoirs et de gouvernance raffinée ».
La médina de Moroni abrite notamment la Mosquée du Vendredi et son minaret vert dominant le port, tandis qu’Itsandra, fondée au XIV? siècle, demeure un haut lieu de la civilisation swahilie. Plus au sud, la médina d’Iconi conserve les ruines du palais des sultans de Bambao ainsi que la tombe du prince Saïd Ibrahim, fils du dernier sultan de Grande Comore.
La directrice générale de l’Office national de valorisation du patrimoine, Ania Mohamed Issa, estime que « les médinas comoriennes ont abrité des sultanats historiques. Malheureusement l’urbanisation non maîtrisée et la modernisation les ont dénaturées ».
Enfin, Faniya Abbas, présidente de l’association Médina Wiratha, espère que cette reconnaissance internationale favorisera « beaucoup de retombées positives » avec le développement d’un tourisme culturel, historique et architectural dans l’archipel. Selon l’AFP, les autorités comoriennes devront désormais mettre en œuvre une stratégie nationale de préservation et de valorisation de ces sites.
Mémento

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