La Ville du Port poursuit son engagement contre les violences dans le secteur culturel.
Dans un communiqué publié le 22 juillet, le maire Olivier Hoarau et la conseillère municipale déléguée à la promotion des droits des femmes et à la lutte contre les violences intrafamiliales, Isabelle Erudel, appellent les parlementaires réunionnais à soutenir et à renforcer la proposition de loi destinée à lutter contre les violences morales, sexistes et sexuelles dans les milieux de la culture.
Déposé à l’Assemblée nationale le 26 mai 2026, ce texte vise à combattre les violences dénoncées dans les secteurs du cinéma, de l’audiovisuel, du spectacle vivant, de la mode et de la publicité. Pour les élus portois, cette proposition de loi représente « une victoire à venir sur l’omerta et l’impunité des agresseurs ».
La municipalité souhaite toutefois aller plus loin et demande que trois nouvelles mesures soient intégrées au texte. Elle propose d’abord la mise en place d’un boycott médiatique et événementiel définitif pour les personnes condamnées pour violences ou harcèlement sexistes et sexuels, ainsi qu’un boycott temporaire pour les personnes mises en examen, jusqu’au jugement définitif.
Le Port plaide également pour que les victimes puissent bénéficier de réparations financières importantes, attribuées exclusivement par décision de justice, afin de contribuer à leur réparation et de limiter les accords financiers susceptibles d’étouffer certaines affaires. Enfin, la commune souhaite rendre obligatoire la mise en place d’actions de sensibilisation dans les écoles supérieures d’art, de cinéma et de musique afin de prévenir les comportements inappropriés et de mieux informer les futurs professionnels de la culture.
Les élus estiment que la mobilisation des parlementaires permettra de « saper les bases structurelles de ces violences, du harcèlement banalisé, des attouchements et des viols impunis par une législation coercitive et préventive ».
Dans le même temps, la députée de La Réunion Karine Lebon a répondu au courrier adressé par le maire du Port. Dans un communiqué diffusé le 24 juillet, elle rappelle que son engagement contre les violences faites aux femmes et aux enfants est ancien, bien avant son entrée à l’Assemblée nationale. « Avant de devenir députée, je militais contre les violences faites aux femmes et aux enfants au sein de l’Union des Femmes Réunionnaises. Cet engagement ne m’a jamais quittée », écrit-elle.
La parlementaire indique avoir récemment participé à l’examen de la loi sur la protection de l’enfance et avoir été désignée membre de la commission spéciale chargée d’étudier la proposition de loi consacrée à une réponse globale aux violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants. Elle reconnaît que le texte sur la protection de l’enfance ne répond pas à toutes les attentes, mais estime que « chaque mesure supplémentaire et chaque droit reconnu aux victimes constituent un progrès ».
Karine Lebon considère que la France doit désormais apporter une réponse plus ambitieuse en renforçant la prévention, le repérage des violences, l’écoute des victimes, la formation des professionnels et les moyens de la justice. Elle rappelle également que plusieurs affaires récentes à La Réunion, notamment celles concernant la crèche Raharianne à Saint-Paul et l’école privée Sainte-Marguerite à Saint-Benoît, montrent l’ampleur du travail restant à accomplir. « Notre société a le devoir de ne pas étouffer la parole des victimes, de les croire et de les protéger », affirme-t-elle, avant d’adresser son soutien aux familles concernées.
Les prises de position du maire du Port et de la députée convergent ainsi vers un même objectif, renforcer l’arsenal législatif afin de mieux prévenir les violences, protéger les victimes et mettre fin à l’impunité dans les milieux culturels comme dans l’ensemble de la société.
Mémento

0 COMMENTAIRE(S)