

Un sondage Harris Interactive-Toluna publié le 24 août place Édouard Philippe à 17 % et Gabriel Attal à 15 % lorsqu’ils sont testés comme représentants uniques du bloc central. Leurs équipes défendent deux stratégies différentes face à la progression de Jean-Luc Mélenchon et à l’avance de Marine Le Pen.
Édouard Philippe a perdu trois points en un mois dans l’enquête réalisée pour M6 et RTL. Au moment de sa publication, le président d’Horizons était en déplacement à La Réunion.
Testé comme seul candidat du bloc central, le maire du Havre recueille 17 % des intentions de vote, à égalité avec Jean-Luc Mélenchon lorsque Raphaël Glucksmann représente la gauche réformiste. Il devance le dirigeant de La France insoumise de deux points dans l’hypothèse d’une candidature de François Hollande.
Gabriel Attal atteint 15 % lorsqu’il est présenté comme l’unique représentant du bloc central. Malgré le resserrement de l’écart avec Édouard Philippe, le candidat Renaissance ne se qualifie toujours pas pour le second tour dans les différents scénarios testés. Il stagne ou recule légèrement par rapport au sondage de juillet.
Les deux camps s’opposent sur la lecture du sondage
« Édouard Philippe est en train de perdre son pari d’être le rempart au premier tour face à Jean-Luc Mélenchon et le rempart au second tour face à Marine Le Pen », a commenté l’entourage de Gabriel Attal.
« On nous avait promis une rentrée dans laquelle il y a un candidat qui plierait le match », mais celui-ci est « en réalité plus ouvert que jamais », poursuit la même source, qui souligne le faible écart entre les deux candidats potentiels.
Un soutien d’Édouard Philippe estime que les commentaires de Renaissance « n’augurent rien qui aille dans le sens du rassemblement ».
« Les déclarations politiques de ce week-end, notamment de Jean-Luc Mélenchon, et ce sondage démontrent plus que jamais qu’Édouard Philippe est le seul candidat de la droite et du centre à être en capacité d’être au second tour. Je suis assez surpris par l’immaturité de ces propos dans un contexte où l’esprit de responsabilité et de rassemblement doit prévaloir », déclare Arnaud Péricard, porte-parole d’Horizons.
Deux stratégies pendant la période estivale
Gabriel Attal est resté actif pendant l’été en multipliant les déplacements et les propositions sur les gens du voyage, la gestion de l’eau et l’aide sociale à l’enfance. Dans un entretien au Journal du Dimanche, il a également promis « la plus grande réforme institutionnelle depuis 1958 ». Comme Édouard Philippe, il devrait présenter des propositions sur l’éducation pendant la semaine du 24 août.
« Le principal enseignement, c’est que Gabriel a fait de la communication pendant 60 jours et personne n’en a rien retenu », juge un soutien du maire du Havre. Édouard Philippe a adopté une stratégie moins présente dans le débat public pendant ses congés. Il avait estimé que les propositions formulées au cœur de l’été avaient « l’espérance de vie d’une cacahuète à l’apéro ».
Avant son déplacement de rentrée, le président d’Horizons a néanmoins proposé de fermer « totalement » les « vannes de l’immigration » à Mayotte.
Édouard Philippe cherche à élargir ses soutiens
Gérald Darmanin a annoncé son ralliement au maire du Havre, tout en lui conseillant d’être « beaucoup plus dur sur les questions de sécurité, d’immigration ». Le garde des Sceaux lui demande également de prendre en compte les aspirations populaires et de faire « l’effort » du « rassemblement ».
Selon Gérald Darmanin, le bloc central occupe actuellement la troisième place, derrière le Rassemblement national et La France insoumise.
« Un soutien comme la corde soutient le pendu », ironise un cadre du bloc central à propos de cette prise de position.
Édouard Philippe prendra la parole dimanche 30 août 2026 à Tourcoing, dans le Nord, lors de l’événement de rentrée organisé par Gérald Darmanin. Une soixantaine de parlementaires sont attendus.
Un accord de désistement en faveur du candidat le mieux placé est prévu avec Gabriel Attal. Édouard Philippe cherche parallèlement à fédérer une partie de la droite, alors que la candidature du président des Républicains, Bruno Retailleau, peine à progresser.
Après le déplacement d’Édouard Philippe à Mayotte, Valérie Pécresse, présidente LR de la région Île-de-France, a relevé des « signaux de convergence politique très intéressants » avec le candidat d’Horizons.
memento.fr - Source : AFP


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