

La Ville de Saint-Denis, l’État et la Justice ont lancé mardi 25 août 2026 un nouveau Groupe Local de Traitement de la Délinquance (GLTD), cette fois consacré aux trafics de stupéfiants. Le dispositif reprend une méthode utilisée depuis 2024 contre les violences urbaines, fondée sur le partage d’informations entre partenaires et la coordination des interventions dans les quartiers.
Plus de quatorze séances de travail avaient été organisées entre juillet 2024 et janvier 2026 dans le cadre du précédent GLTD. Selon la Ville, cette organisation a notamment contribué à réduire les confrontations entre bandes dans plusieurs secteurs sensibles, dont le Moufia et le bas de la rue Maréchal-Leclerc.
Deux opérations par mois à Primat et Domenjod
Le nouveau dispositif mobilisera la Police municipale, les médiateurs et différents acteurs de terrain. L’Observatoire Municipal de la Tranquillité Publique sera chargé de poursuivre les remontées d’informations provenant des quartiers afin d’orienter les interventions.
La Ville annonce également un renforcement de la vidéoprotection et deux opérations conjointes entre Police nationale et Police municipale chaque mois dans les secteurs de Primat et Domenjod, notamment dans le cadre des Groupes de partenariat opérationnel (GPO).
La stratégie ne reposera pas uniquement sur les opérations de sécurité. Des actions de prévention, de médiation et de sensibilisation aux addictions doivent également être menées auprès des jeunes, des consommateurs et de leurs familles.
Ces actions seront aussi articulées avec les quatre futures Maisons Locales de la Tranquillité Publique. Présentées comme des lieux d’écoute, d’information et de médiation, elles doivent permettre aux habitants d’obtenir des réponses de proximité sur les questions de tranquillité quotidienne, de voisinage et d’accès aux droits.
285 caméras contre 54 en 2020
Dans son communiqué, la Ville indique un taux de délinquance générale de 31,4 faits pour 1 000 habitants en 2026, contre 92,3 au niveau national. Elle fait également état de 8,7 faits pour 1 000 habitants concernant les atteintes à l’intégrité physique, contre 33,7 au niveau national, et de 9,7 faits pour 1 000 pour les atteintes volontaires à l’intégrité physique, contre 19,1 au niveau national.
Le nombre de caméras de vidéoprotection est passé de 54 en 2020 à 285 en 2026 : 145 sont installées sur l’espace public et 140 dans les bâtiments municipaux. Le bilan communiqué fait également état de 3 662 interventions de la Police municipale et de dix médiateurs de nuit mobilisés dans les quatre quartiers concernés par le précédent GLTD.
« En 2024, nous étions dans une situation très tendue à Saint-Denis. Nous avons fait le choix de travailler ensemble, avec la Justice, la Police nationale, la Police municipale et tous les acteurs de terrain », indique Ericka Bareigts, maire de Saint-Denis. « Aujourd’hui, les résultats sont là, même si en matière de sécurité, rien n’est jamais acquis. Ce qui fait notre force, c’est cet écosystème que nous avons construit. »


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