
La Région Réunion veut renforcer le positionnement économique de l’île dans son environnement régional et international. Réuni jeudi 24 septembre dans une configuration exceptionnellement élargie, le Comité Stratégique de l’Internationalisation des Entreprises a servi de cadre à la présentation d’une feuille de route consacrée à l’attractivité du territoire. La collectivité entend ainsi "mieux valoriser les atouts de l’île, identifier les conditions de son développement et renforcer sa capacité à attirer compétences, investissements et nouvelles opportunités économiques".
Porté depuis 2025, ce travail repose sur plusieurs caractéristiques que la Région considère comme favorables à La Réunion. Elle cite notamment "une position géostratégique privilégiée, une connexion numérique au monde, un écosystème d’entreprises et de recherche dynamique ainsi que des dispositifs fiscaux attractifs". Le développement de l’axe indo-océanique, les transitions écologique et énergétique, la digitalisation, l’innovation et l’intégration régionale figurent également parmi les opportunités recensées.
La démarche s’appuie sur quatre grands déterminants. La collectivité retient "l’accès aux marchés, l’accès aux facteurs de production et aux aménités, la capacité d’action collective, l’intelligence économique et la maîtrise de la donnée". L’ambition affichée consiste notamment à conforter La Réunion dans un rôle de "hub économique régional", entre Europe, Afrique et océan Indien.
Onze filières ciblées pour les investissements internationaux
L’étude identifie onze filières considérées comme stratégiques, dont neuf figurent parmi les filières prioritaires de la Nouvelle Économie. Des besoins en investissements internationaux ont été repérés dans ces secteurs.
La Région précise qu’il ne s’agit pas "de rechercher l’investissement pour l’investissement". Elle souhaite plutôt attirer des partenaires capables de compléter certaines activités encore absentes ou insuffisamment développées dans l’île. Ces investisseurs pourraient apporter du capital, mais également "des technologies et des compétences susceptibles de contribuer à la montée en gamme des filières stratégiques".
La collectivité insiste également sur la nécessité de préserver l’économie existante. Les nouvelles activités accueillies doivent être développées "sans faire concurrence à la production locale". Parmi les leviers identifiés figurent les ressources humaines qualifiées, le marché financier en zone euro, les infrastructures portuaires, aéroportuaires et numériques, l’écosystème d’innovation ou encore le cadre de vie.
La diaspora réunionnaise appelée à jouer un rôle
La stratégie ne repose pas uniquement sur l’arrivée de capitaux extérieurs. La Région souhaite également renforcer la coordination entre les différents acteurs économiques du territoire et mobiliser davantage la diaspora réunionnaise.
Les Réunionnais installés hors de l’île sont ainsi considérés comme "un potentiel à mobiliser pour rayonner, développer les connexions extérieures et investir". Une première action avait été conduite en juin à l’occasion du salon VivaTech, sur le Pavillon Réunion.
La prochaine étape doit désormais être davantage opérationnelle. La Région prévoit de diagnostiquer plus précisément les forces économiques du territoire, de repérer les activités ou compétences manquantes dans certaines filières et de transformer les résultats de l’étude en actions concrètes.
Un travail doit également commencer dès octobre avec les équipes de Team France Invest afin de "qualifier et clarifier le parcours d’accueil de l’investisseur". Des travaux sont par ailleurs annoncés autour des énergies renouvelables et des besoins en investissements des filières de la Nouvelle Économie.
Le CEO Summit 2027 comme première mise à l’épreuve
La présidente de Région Huguette Bello évoque déjà le CEO Summit 2027, qui doit être organisé à La Réunion avec le soutien de la collectivité, comme l’un des rendez-vous pouvant contribuer à cette nouvelle politique d’attractivité.
"La Région entend désormais inscrire cette démarche dans une dynamique plus large de rayonnement et de mise en relation avec les acteurs économiques extérieurs", indique-t-elle. Selon la présidente, le CEO Summit 2027 pourrait constituer "un premier exercice grandeur nature" permettant de confronter la stratégie élaborée aux réalités de la prospection économique et de l’accueil de nouveaux projets.
Le CoSIE constitue pour sa part une instance de concertation consacrée à l’internationalisation de l’économie réunionnaise. Il réunit différents acteurs afin de coordonner les interventions et les actions destinées au développement économique extérieur de La Réunion.
Mémento


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