
La Réunion présente une situation contrastée en matière de délais de paiement. Les entreprises de l’île affichent des résultats parmi les plus favorables des territoires ultramarins, tandis que certains acteurs publics connaissent une dégradation sensible. Les données concernant les entreprises portent sur 2024, celles relatives au secteur public sont arrêtées à fin 2025.
Du côté des entreprises réunionnaises, la tendance reste favorable. Les délais reculent d’un jour et atteignent « 37 jours de chiffre d’affaires pour les délais clients » et « 46 jours d’achats pour les délais fournisseurs ». Il s’agit des délais « les plus courts observés parmi les DCOM de la zone euro ».
La performance réunionnaise se distingue également dans le secteur public local. En 2025, La Réunion est « le seul DROM » à rester sous la limite réglementaire de 30 jours. Le délai moyen atteint « 29,5 jours », contre 28,8 jours en 2024, soit une hausse de 2,5 %. À titre de comparaison, il s’élève à 42 jours en Guadeloupe, 50,8 jours en Martinique, 41,4 jours en Guyane et 74,5 jours à Mayotte.
Le tableau est moins favorable pour les services de l’État à La Réunion. Toutes dépenses confondues, leur délai global de paiement passe de « 22 jours en 2024 à 33,1 jours en 2025 », soit une augmentation de 11,1 jours. La Réunion affiche ainsi en 2025 le délai le plus élevé parmi les cinq DROM étudiés, alors que la moyenne ultramarine ressort à 20,4 jours et la moyenne nationale à 16 jours.
La commande publique de l’État résiste mieux, même si elle se dégrade elle aussi sur l’île. Son délai passe de « 20,3 jours à 22,2 jours », soit 1,9 jour supplémentaire. Il demeure donc inférieur au plafond réglementaire de 30 jours. Mais la proportion des paiements effectués en plus de 30 jours hors intérêts moratoires grimpe à « 17,3 % », contre 14 % en 2024. Cette évolution constitue « le principal point de vigilance » pour La Réunion.
La situation apparaît beaucoup plus tendue dans les établissements publics de santé. Leur délai global de paiement atteint « 141,3 jours à La Réunion en 2025 », contre 127,9 jours un an plus tôt. Le niveau réunionnais se situe très loin du délai réglementaire de 50 jours et dépasse la moyenne ultramarine de 130,6 jours. Seule la Guyane affiche un délai encore supérieur avec 192,5 jours.
Ce contraste n’est pas neutre pour les entreprises locales. D’un côté, le tissu économique réunionnais affiche les délais clients et fournisseurs les plus courts des territoires étudiés. De l’autre, certains donneurs d’ordre publics, notamment les services de l’État et les établissements hospitaliers, rallongent leurs délais. Pour les entreprises travaillant régulièrement avec le secteur public, ces écarts peuvent directement peser sur la trésorerie et la capacité à régler à leur tour leurs propres fournisseurs.
Mémento


0 COMMENTAIRE(S)