

Le Premier ministre doit séjourner dans l’archipel du mercredi 26 août à la mi-journée au jeudi 27 août 2026 au soir. Un an et demi après le cyclone, seuls 12 % des engagements votés et délégués en 2026 ont été dépensés, selon le gouvernement.
Sébastien Lecornu doit entamer mercredi 26 août 2026 une visite de deux jours à Mayotte pour tenter d’accélérer la reconstruction de l’archipel, encore confronté à des difficultés d’accès à l’eau et aux soins ainsi qu’à des retards dans la livraison de plusieurs équipements publics. Le Premier ministre reconnaît également les besoins persistants de construction et de rénovation des écoles. Près de 120 000 élèves mahorais ont effectué leur rentrée le lundi 24 août, dans des établissements encore marqués par les conséquences du cyclone Chido.
« Ces difficultés nourrissent une impatience que je comprends et que je partage », a écrit Sébastien Lecornu dans un courrier adressé le 24 août aux maires de Mayotte. Il estime que la reconstruction est « trop lente » et promet de faire « sortir de terre » les projets prévus par la loi adoptée en août 2025.
Le texte doit permettre de réparer les dégâts provoqués par le cyclone du 14 décembre 2024, qui a fait au moins 40 morts et détruit de nombreuses habitations. Il prévoit environ 4 milliards d’euros de crédits et s’accompagne d’une stratégie quinquennale couvrant la période 2026-2031. Selon le gouvernement, 12 % seulement des engagements votés et délégués en 2026 ont été dépensés.
Écoles, hôpital, aéroport et dessalement
Pour son premier déplacement en outre-mer depuis sa nomination à l’automne 2025, le chef du gouvernement sera accompagné de plusieurs ministres. Son programme prévoit notamment la visite d’un poste de sécurité et d’un quartier faisant l’objet d’une opération de renouvellement urbain, ainsi qu’une rencontre avec des écoliers. Sébastien Lecornu doit également s’exprimer devant l’Assemblée de Mayotte et échanger avec les maires sur l’avancement de la reconstruction. Malgré les retards, il insiste sur le « caractère définitif et irréversible » des grands projets inscrits dans la loi.
Parmi ces équipements figurent un second hôpital, un nouvel aéroport, une deuxième prison et une usine de dessalement. Le Premier ministre attribue une partie des difficultés rencontrées à l’instabilité politique, notamment à la censure du gouvernement de son prédécesseur François Bayrou, qui s’était rendu à Mayotte peu après le passage de Chido. Le chef du gouvernement a annoncé qu’il reviendrait dans l’archipel au début de l’année 2027. Il prévoit également la création, d’ici là, d’un comité interministériel chargé de suivre les projets.
Des décisions annoncées sur l’immigration clandestine
Dans son courrier aux maires, Sébastien Lecornu évoque aussi de prochaines décisions concernant la lutte contre l’immigration clandestine. Selon l’Insee, la moitié des 323 000 habitants de l’archipel est de nationalité étrangère, principalement originaire des Comores voisines. Le Premier ministre doit également aborder « la maîtrise civilo-militaire des espaces maritimes » français dans l’océan Indien.
La députée Liot Estelle Youssouffa, pourtant proche du garde des Sceaux Gérald Darmanin, a demandé sur X pourquoi le Premier ministre venait « les mains vides ». Elle estime que ce « tourisme ministériel pourrait passer pour de la provocation ». La députée du Rassemblement national Anchya Bamana a pour sa part demandé à Sébastien Lecornu le démantèlement du camp de Tsoundzou 2. Plus d’un millier de demandeurs d’asile vivent dans ce camp dans des conditions précaires. L’élue réclame également le déploiement d’un bateau de la Marine nationale pour renforcer la surveillance des côtes.
Un appel à la grève pendant la visite
L’intersyndicale réunissant la CFDT, la CGT, FO, la CFE-CGC, la FSU, Solidaires, l’Unsa et le Snalc pour l’éducation a appelé à des grèves et à des manifestations pendant la visite gouvernementale. Les organisations demandent une hausse des salaires afin de compenser la cherté de la vie dans le département le plus pauvre de France. Elles réclament aussi un « alignement » des droits des habitants ultramarins sur ceux de la métropole.
Ce déplacement intervient alors que les candidats à l’élection présidentielle d’avril et mai 2027 multiplient les visites à Mayotte. Marine Le Pen avait obtenu 59 % des suffrages dans l’archipel au second tour de l’élection présidentielle de 2022. La candidate du Rassemblement national y est de nouveau considérée comme favorite. Édouard Philippe, ancien Premier ministre et candidat du parti Horizons, s’est rendu à Mayotte dans la semaine précédant la visite de Sébastien Lecornu. Il a présenté plusieurs propositions destinées à « fermer les vannes de l’immigration » dans l’archipel, suscitant des critiques à gauche.
Bruno Retailleau, président et candidat des Républicains, avait effectué le déplacement avant les élections municipales de mars 2026. Il avait alors dénoncé un État « qui ne répond plus aux urgences » concernant l’insécurité et la « pression migratoire ».
memento.fr - Source : AFP


0 COMMENTAIRE(S)