
L’Assemblée de la Polynésie française a adopté jeudi une résolution demandant l’envoi d’une mission des Nations unies sur le territoire. Selon une dépêche de l’AFP du 25 septembre 2026, le texte a recueilli 54 voix sur 57 et vise à obtenir une "appréciation directe et objective" de la situation de la Polynésie française et des aspirations de sa population.
Cette demande, portée depuis plusieurs années par les indépendantistes, s’est jusqu’à présent heurtée au refus de la France. L’État considère que l’évolution institutionnelle de la Polynésie française, qu’il s’agisse du maintien de son autonomie dans la République ou d’une éventuelle accession à la souveraineté, doit être discutée directement entre Paris et le territoire, sans intervention des Nations unies.
Le vote intervient toutefois dans un contexte politique inhabituel puisque les trois principales sensibilités représentées localement ont trouvé un terrain d’entente sur la nécessité d’une mission onusienne et sur la poursuite du dialogue avec la France.
Des positions différentes sur l’avenir du territoire
Ce rapprochement ne signifie pas que les formations politiques partagent la même vision de l’avenir institutionnel de la Polynésie française.
Les indépendantistes souhaitent utiliser une mission de l’ONU pour défendre leur analyse selon laquelle le territoire doit poursuivre un processus de décolonisation. Les autonomistes, favorables au maintien de liens avec la France, considèrent pour leur part que la Polynésie dispose déjà d’une large capacité à se gouverner.
Pour parvenir à un compromis, le terme "autodétermination" a été retiré du titre de la résolution.
L’ancien président de la Polynésie française et dirigeant autonomiste Édouard Fritch a ainsi précisé que "signer cette résolution ne signifie" ni choisir l’indépendance ni engager un processus d’autodétermination.
Moetai Brotherson défend un processus démocratique
Le président de la Polynésie française, Moetai Brotherson, indépendantiste modéré, défend pour sa part une préparation progressive à une éventuelle souveraineté.
"L’avenir de notre pays doit être décidé par notre peuple au terme d’un processus démocratique (...) reconnu internationalement", a-t-il déclaré.
Antony Géros, président de l’Assemblée de la Polynésie française et indépendantiste radical, a également insisté sur sa volonté de poursuivre les discussions. "On veut dialoguer", a-t-il déclaré, tout en estimant qu’une mission de l’ONU pourrait constater certains obstacles au développement économique du territoire.
Deux élus se sont abstenus
Sur les 57 membres de l’Assemblée, seuls deux élus autonomistes se sont abstenus lors du vote. Ils contestent notamment la capacité du Comité de l’ONU à évaluer la situation d’un territoire démocratique.
Nuihau Laurey a ainsi exprimé auprès de l’AFP ses réserves concernant la légitimité de certains États membres de cette instance à porter une appréciation sur la situation polynésienne.
Oscar Temaru absent lors du vote
Le dirigeant indépendantiste Oscar Temaru n’était pas présent lors du scrutin et n’avait pas donné de procuration. En août, il avait annoncé son intention de déclarer "l’accession de la Polynésie française à sa pleine souveraineté" devant la quatrième commission des Nations unies chargée des questions de décolonisation, dont une réunion est prévue début octobre.
De retour dans l’hémicycle après l’adoption de la résolution, Oscar Temaru a cependant critiqué le rapprochement intervenu entre les différentes formations politiques.
La résolution adoptée par l’Assemblée traduit ainsi une demande largement partagée pour qu’une mission des Nations unies se rende en Polynésie française, sans pour autant effacer les profondes divergences entre autonomistes et indépendantistes sur l’avenir institutionnel du territoire.
Source AFP
Mémento


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