Face aux difficultés d’accès au logement et à la baisse marquée des mises en chantier, le Gouvernement a annoncé le lancement du plan « Relance Logement ». Cette annonce a été faite par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, avec pour objectif la construction de 2 millions de logements neufs à l’horizon 2030.
Le plan s’inscrit dans un contexte de tension sur le marché du logement. En moyenne, les Français consacrent 28 % de leurs revenus à se loger, tandis que l’offre locative a reculé de 15 % en cinq ans, affectant notamment les étudiants, les apprentis et les jeunes actifs. Entre décembre 2024 et novembre 2025, les mises en chantier de logements ont diminué de 22 % par rapport à la moyenne des cinq années précédentes. Dans le secteur social, 2,9 millions de dossiers de demande de logement sont actuellement en attente.
Le Gouvernement fixe comme objectif un rythme annuel de 400 000 logements construits afin d’atteindre les 2 millions de logements supplémentaires d’ici 2030. Dans le parc privé, il vise la construction de 50 000 logements locatifs dès 2026, en complément des logements destinés à l’accession à la propriété. Dans le parc social, l’objectif annoncé est de 125 000 logements construits dès 2026.
Pour soutenir cette relance, le plan prévoit un renforcement des moyens financiers alloués au logement social, avec une enveloppe supplémentaire de 500 millions d’euros destinée à 700 bailleurs sociaux, afin de favoriser la construction et la rénovation de logements. Un dispositif fiscal baptisé « Relance Logement » est également créé pour encourager l’investissement locatif privé. Il permettra à l’ensemble des ménages de bénéficier d’un avantage fiscal pour investir dans l’immobilier locatif, sans condition de zonage. Les loyers des logements concernés seront plafonnés afin de maintenir des niveaux de loyers abordables. Le dispositif s’appliquera aux logements neufs ainsi qu’aux logements anciens, sous réserve de travaux représentant au moins 30 % de la valeur du bien, seuil qui doit être abaissé à 20 % dans un futur texte législatif.
Le plan prévoit également des mesures destinées à accélérer les procédures et à lever les freins à la production de logements. Il sera déployé sous l’égide du ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun. Les orientations annoncées incluent la poursuite de la simplification du droit de la construction et de l’urbanisme, le rapprochement des décisions au niveau local, l’accélération de la transformation des bâtiments tertiaires en logements, la facilitation des travaux de rénovation énergétique, notamment pour remettre sur le marché des logements classés F et G, ainsi que le soutien au financement de la rénovation énergétique du parc social.
Des mesures sont également prévues pour sécuriser les propriétaires bailleurs face aux impayés de loyers. Par ailleurs, l’État entend renforcer son rôle d’aménageur-stratège en mettant à disposition des outils spécifiques pour les maires qui en feront la demande, notamment dans des territoires connaissant des dynamiques économiques ou démographiques particulières. Dans ces zones qualifiées de « zones à bâtir d’urgence », des dérogations aux normes pourraient être mises en place afin de faciliter et d’accélérer les projets de construction.
Enfin, le Gouvernement prévoit de présenter au Parlement un projet de loi de décentralisation et de réforme de l’État comprenant un volet consacré au logement, visant à renforcer les capacités d’action des élus locaux. L’ensemble de ces mesures a pour objectif d’augmenter l’offre de logements, qu’il s’agisse de l’accession à la propriété, du parc locatif privé ou du logement social, afin d’atteindre la cible de 2 millions de logements supplémentaires à l’horizon 2030.

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