

Plusieurs solutions de protection des cultures arriveront à échéance à la fin de septembre puis en octobre 2026. Les Jeunes Agriculteurs Réunion réclament leur maintien temporaire, dans l’attente d’alternatives adaptées aux exploitations locales.
Les Jeunes Agriculteurs Réunion demandent aux pouvoirs publics de prolonger temporairement les autorisations de plusieurs solutions utilisées pour protéger les cultures de canne à sucre. Selon l’organisation, aucune alternative présentant une efficacité équivalente et adaptée aux conditions réunionnaises n’a été annoncée avant les échéances prévues à partir de la fin du mois de septembre 2026.
Le 11 juin, lors d’une manifestation, les Jeunes Agriculteurs Réunion et la FDSEA avaient remis au préfet une motion consacrée aux difficultés rencontrées par le secteur agricole. Le 9 juillet, les JA avaient également saisi la Direction générale de l’Alimentation pour demander la prolongation des autorisations concernant les solutions de protection des cultures de canne.
Au 27 août, l’organisation indique n’avoir reçu aucune réponse concrète. D’autres autorisations doivent arriver à échéance au cours du mois d’octobre.
Des exploitations déjà en retard
Les Jeunes Agriculteurs alertent sur le développement rapide de la végétation dans les parcelles sous le climat tropical de La Réunion. Lorsqu’elle n’est pas maîtrisée au début du cycle, celle-ci entre en concurrence avec la canne pour l’eau, la lumière et les éléments nutritifs. Selon l’organisation, cette concurrence ralentit le développement de la culture et peut entraîner une baisse importante des rendements.
Les exploitations auraient déjà pris du retard dans l’itinéraire technique de la canne. L’arrivée à échéance des autorisations actuelles, sans solution équivalente, pourrait accentuer ces difficultés. Le désherbage manuel ne constitue pas, selon les JA, une réponse suffisante en raison des difficultés de recrutement de la main-d’œuvre agricole. Le relief, les fortes pentes et le morcellement des parcelles limitent également les possibilités de mécanisation.
Les autres méthodes actuellement testées sont présentées par l’organisation comme moins efficaces, plus coûteuses ou nécessitant davantage de passages dans les champs.
Quatre conditions demandées pour les alternatives
Les Jeunes Agriculteurs Réunion rappellent que les planteurs sont engagés dans la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires. La filière travaille depuis plusieurs années avec des organismes techniques et scientifiques pour rechercher des méthodes plus durables. L’organisation estime cependant que le retrait de produits avant la mise à disposition d’alternatives opérationnelles placerait les exploitations dans une impasse technique et économique.
Les solutions proposées devraient être :
Les Jeunes Agriculteurs considèrent que ces conditions ne sont actuellement pas réunies. Ils demandent une réponse urgente de l’État et le maintien temporaire des autorisations jusqu’à la mise à disposition de solutions fiables, validées scientifiquement et accessibles aux exploitations. « On ne peut pas interdire sans proposer de solution », indique Jonathan Hoarau, président des Jeunes Agriculteurs Réunion.
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