

En déplacement à Mayotte pour deux jours, Sébastien Lecornu a choisi de concentrer son intervention sur deux dossiers brûlants, la reconstruction après le cyclone Chido et la lutte contre l’immigration clandestine. Selon une information de l’AFP, le Premier ministre a notamment proposé de « revoir la gouvernance de la reconstruction » afin d’accélérer des projets jugés trop lents par les élus comme par la population.
Devant l’Assemblée de Mayotte, Sébastien Lecornu a reconnu que la reconstruction « prend beaucoup trop de temps » et que cette lenteur « crée évidemment beaucoup de désespoir ». Le chef du gouvernement veut davantage associer les maires aux décisions et renforcer l’équipe préfectorale afin de « lever les blocages ».
La loi adoptée en août 2025 prévoit environ quatre milliards d’euros de crédits dans le cadre d’une stratégie couvrant la période 2026-2031. Pourtant, selon les chiffres du gouvernement rapportés par l’AFP, seulement 12 % des engagements votés et délégués en 2026 ont jusqu’ici été dépensés. Le Premier ministre a également reconnu des « difficultés persistantes » concernant notamment l’accès à l’eau et aux soins, ainsi que des « retards » dans la construction et la rénovation des écoles.
Sébastien Lecornu promet désormais un suivi beaucoup plus serré. Un comité consacré aux opérations de reconstruction doit se réunir chaque mois à Matignon pour mesurer l’avancement des chantiers. Le gouvernement veut également traiter les difficultés liées aux assurances, autre sujet sensible depuis le passage du cyclone Chido, qui avait fait au moins 40 morts et détruit de nombreuses habitations.
Mais ces annonces n’ont pas convaincu tout le monde. La députée Estelle Youssouffa a dénoncé auprès de l’AFP de la « com' politique » et annoncé son intention de voter de nouveau la censure du gouvernement. « On n'a pas assez de calamités naturelles ? Il faut en plus qu'on ait des calamités politiques ? C'est honteux », a-t-elle lancé à la sortie du conseil départemental.
Le déplacement est également marqué par un nouveau durcissement annoncé contre l’immigration clandestine. Le Premier ministre veut conditionner l’aide publique au développement accordée aux Comores et à plusieurs pays africains à une meilleure coopération « dans la lutte contre les passeurs » et au retour des étrangers en situation irrégulière. Il a également annoncé une « militarisation » des moyens de surveillance avec l’utilisation de drones, de ballons captifs et un renforcement des navires intercepteurs.
Un an et demi après Chido, le gouvernement cherche ainsi à convaincre que la phase des annonces doit désormais céder la place à celle des réalisations. À Mayotte, où les attentes restent considérables, le calendrier politique se resserre également à l’approche de la présidentielle de 2027.
Mémento


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