

À peine arrivé à Mayotte, Sébastien Lecornu a placé la lutte contre l’immigration clandestine parmi les premières priorités de son déplacement dans l’archipel. Selon une information de l’AFP, le Premier ministre, attendu jusqu’à jeudi soir, a présidé dès mercredi une réunion de l’état-major opérationnel chargé de combattre les arrivées illégales, sujet particulièrement sensible dans le département.
Le chef du gouvernement a annoncé que la France conditionnerait désormais une partie de son aide publique au développement destinée aux Comores et à plusieurs pays africains à une coopération accrue « dans la lutte contre les passeurs » et à « la capacité de reprendre les étrangers en situation irrégulière ». Sont notamment concernés le Burundi, la Tanzanie, la République démocratique du Congo, le Rwanda, la Somalie et le Kenya.
Selon l’AFP, Sébastien Lecornu souhaite également engager une « militarisation » de la lutte contre l’immigration clandestine. Le dispositif annoncé prévoit davantage de moyens de surveillance, avec des drones et des ballons captifs, mais aussi un renforcement de la flotte d’interception. Le nombre de navires doit passer de neuf en 2026 à treize en 2028. Un détachement de la Légion étrangère doit par ailleurs être déployé sur l’îlot M’tsamboro, au nord-ouest de Mayotte.
Cette fermeté intervient alors que la pression migratoire reste l’un des principaux sujets de tension dans l’archipel. D’après les données citées par l’AFP, Mayotte comptait 323 000 habitants au 1er janvier 2026. Une part importante de la population est de nationalité étrangère, principalement originaire des Comores, tandis que les arrivées depuis la région des Grands Lacs africains progressent.
Mais l’immigration n’est pas le seul dossier auquel le Premier ministre doit répondre. Un an et demi après le passage du cyclone Chido, la reconstruction demeure lente. « Les Mahorais attendent des résultats », a déclaré Sébastien Lecornu, qui entend « lever les blocages et donner à chaque projet un responsable, une date et un résultat vérifiable ».
Le gouvernement reconnaît encore des « difficultés persistantes » concernant notamment l’accès à l’eau et aux soins, ainsi que des « retards » dans la construction et la rénovation des établissements scolaires. Quelque quatre milliards d’euros de crédits ont été prévus dans le cadre de la stratégie 2026-2031, mais seulement 12 % des engagements votés et délégués en 2026 avaient été dépensés, selon les chiffres gouvernementaux rapportés par l’AFP.
Le déplacement intervient aussi dans un climat politique déjà très marqué par la présidentielle de 2027. Plusieurs candidats ou prétendants se sont rendus récemment dans l’archipel, où les questions d’immigration, de sécurité et de reconstruction devraient occuper une place déterminante dans les prochains mois.
Mémento


0 COMMENTAIRE(S)