Une exposition intitulée Rétrospective minérale sera présentée du 1er février au 1er mars 2026 à La Réunion, à l'Hôtel Saint-Alexis. Elle est consacrée à l’artiste Gilles Le Trionnaire, également connu sous le nom de Gi., dont le travail s’appuie sur l’utilisation de pigments minéraux extraits des terres et des roches de l’île.
L’artiste indique extraire lui-même ces pigments, qu’il utilise pour peindre sur toile marouflée ou sur panneau. La réalisation de certaines œuvres peut s’étendre sur plusieurs années. Cette démarche constitue le fil conducteur de l’exposition, centrée sur une pratique artistique fondée sur la matière, la couleur et la géométrie.
Le parcours artistique présenté s’inscrit dans une continuité de travaux exposés à La Réunion depuis les années 1990. Parmi eux figurent An Tranzit, présenté en mars 1996 à l’aéroport Roland-Garros, Terre !, exposé entre juillet et octobre 1997 à la Maison du Volcan et à l’Hôtel de la Région, Bandes de terres croisées, présenté du 2 avril au 27 juin 1999 au Musée Stella Matutina, ainsi que La Clé des Songes, exposée entre décembre 2004 et mars 2005 au Musée de Villèle.
L’exposition Bandes de terres croisées comprenait notamment 25 toiles, 25 galets, des matières minérales brutes, des photographies d’installations et une réplique de l’atelier de l’artiste. Elle a également donné lieu à une performance chorégraphique de Daniel Valcin, créée par Fara Gobert-Razafindrakoto, Blandine Geissant et Doris Boyer, ainsi qu’à la présentation d’une vidéo coordonnée par Henri Sylvestro, avec une bande originale de Gi.
Le travail photographique La Clé des Songes reposait sur un ensemble de huit photocompositions, élaborées à partir de seize clichés issus de deux thématiques : des détails de la Chapelle Pointue et des éléments de la nature réunionnaise. Gilles Le Trionnaire précise que chaque image est construite selon un protocole strict de superpositions, de croisements et de symétries, formant une série en boucle.
Plusieurs responsables culturels ont commenté l’œuvre de l’artiste. Jean Barbier, conservateur du musée de Villèle, explique que « cette confrontation d’une perception aiguë de la réalité et d’une création qui renvoie au néant trouve une résonance particulière dans les œuvres photographiques présentées ». François Martin, conservateur du musée Stella Matutina, précise que « Gi, promeneur, récolte sa palette à même le sol » et que son travail invite à « suivre les chemins croisés de la création » .
Margie Sudre, alors présidente du Conseil régional de La Réunion, indique pour sa part que les œuvres permettent « d’embrasser du regard les multiples couleurs de nos sols et de mettre en relief leurs différences toutes en nuances » .
À travers cette rétrospective présentée en 2026, l’exposition retrace un parcours artistique construit à partir du prélèvement des pigments, de la peinture, de la photographie, de l’infographie et de l’installation, dans une démarche que l’artiste décrit comme fondée sur une lecture composite et fractale du réel.
memento.fr

0 COMMENTAIRE(S)