Le déficit des hôpitaux publics français est estimé à 2,3 milliards d’euros en 2025, contre 2,9 milliards d’euros en 2024. Malgré cette diminution, il demeure au troisième niveau le plus élevé enregistré depuis 2005, selon une étude publiée le mardi 28 juillet 2026 par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees).
Le résultat net négatif représenterait 2,1 % des recettes des établissements, après le record de 2,7 % atteint en 2024. Ces données constituent de premières estimations et pourront être révisées lors de la publication, prévue en juillet 2027, du Panorama consacré aux établissements de santé en 2025. Consulter l’étude de la Drees. Les estimations s’appuient sur les comptes transmis à la Direction générale des finances publiques à la fin du mois de juin 2026. Les comptes étaient définitifs pour 78 % des entités juridiques. Pour les autres établissements, représentant 16 % des recettes totales, la Drees a appliqué un redressement statistique aux données non définitives.
Une progression moins rapide des dépenses
La réduction du déficit s’explique principalement par l’amélioration du résultat d’exploitation. Celui-ci est estimé à -2,1 milliards d’euros en 2025, soit -1,9 % des recettes, contre -2,5 milliards d’euros et -2,3 % des recettes en 2024. Les dépenses du secteur hospitalier public ont progressé de 2,9 % en 2025, après une hausse de 3,9 % en 2024 et de 6,6 % en 2023. Dans le même temps, les recettes ont augmenté de 3,6 %.
Les charges liées aux salaires des personnels ont progressé de 3 %, soit 1,9 milliard d’euros supplémentaires. Leur hausse avait atteint 4,1 %, soit 2,5 milliards d’euros, en 2024, année marquée par la mise en œuvre de mesures générales de revalorisation salariale. Le résultat financier reste structurellement déficitaire en raison du paiement des intérêts des emprunts. Il s’est établi à -0,9 milliard d’euros en 2025, soit -0,8 % des recettes, un niveau identique à celui de 2024.
L’investissement hospitalier se replie
Malgré les aides accordées dans le cadre du Ségur de la santé, l’effort d’investissement des hôpitaux publics a diminué. Il a représenté 4,8 % des recettes en 2025, soit environ 5,4 milliards d’euros, contre 5,1 % et 5,5 milliards d’euros en 2024. Un pic avait été atteint en 2023, avec 5,4 % des recettes.
Les accords du Ségur de la santé, signés en juillet 2020, prévoient un engagement de 19 milliards d’euros sur dix ans en faveur des établissements de santé et médico-sociaux. Sur cette enveloppe, 9 milliards d’euros doivent financer directement de nouveaux investissements et 6,5 milliards sont consacrés à la restauration des capacités financières et au désendettement des établissements assurant le service public hospitalier.
En mai 2026, le ministère de la Santé a annoncé une enveloppe supplémentaire de 6 milliards d’euros sur la période 2026-2036 afin de soutenir les projets d’investissement hospitaliers. La publication complète de la Drees détaille l’évolution des comptes et des investissements.
Les urgences ont enregistré 21,5 millions de passages
Les structures d’urgences générales et pédiatriques ont enregistré 21,5 millions de passages en 2025. Leur fréquentation a augmenté de 0,8 %, après une progression de 2,5 % en 2024. Cette hausse s’est poursuivie malgré la généralisation du service d’accès aux soins (SAS), qui associe les Samu et la médecine de ville afin d’orienter une partie des patients vers des solutions extérieures aux urgences hospitalières. À la fin de l’année 2025, l’ensemble du territoire métropolitain, la Martinique et La Réunion étaient couverts par 96 SAS.
L’augmentation du nombre de passages a concerné une faible majorité de régions. Elle a notamment atteint 2,5 % dans le Grand Est, 2,1 % dans les Hauts-de-France et 6,4 % en Guyane. La fréquentation des urgences a, à l’inverse, diminué de 1,9 % en Bourgogne-Franche-Comté, de 4,4 % en Corse et de 3,8 % en Guadeloupe.
memento.fr

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