Plus de 100 représentants d’une dizaine d’États de la région, de l’Union européenne et d’organisations régionales et internationales se sont réunis du 21 au 24 juillet 2026 à Port-Louis, à Maurice, dans le cadre de l’EU Maritime Security Week. L’Union africaine et plusieurs agences des Nations unies ont notamment participé à ces travaux.
Cette rencontre devait permettre d’harmoniser les initiatives de sécurité maritime soutenues par l’Union européenne et d’alimenter un dialogue stratégique et opérationnel. L’objectif était de renforcer les capacités des acteurs régionaux à prévenir et combattre durablement les crimes et les menaces en mer, dans une zone traversée par des routes maritimes majeures pour le commerce régional et mondial.
Piraterie, trafics et pêche illicite
À l’ouverture de la rencontre, Dr Ibrahim Norbert Richard a indiqué que les équipages de quatre navires étaient alors retenus en otage par des pirates. « Malgré un net recul ces dernières années grâce aux efforts de la région et de la communauté internationale, la piraterie n’a pas disparu », a-t-il souligné.
Les participants ont également évoqué la poursuite d’activités illicites dans les espaces maritimes de la région : trafic de stupéfiants et d’espèces sauvages, traite des êtres humains, pêche illicite, non déclarée et non réglementée, ainsi que rejets volontaires de polluants. Ces activités menacent la sécurité, la gouvernance et le développement durable de l’océan Indien occidental.
« La coopération est la clé car aucun des États de la région ne dispose à lui seul des moyens nécessaires pour assurer durablement la surveillance, le contrôle et la sécurité de l’ensemble de sa zone économique exclusive », explique Dr Ibrahim Norbert Richard.
Plus de 46 missions coordonnées
L’EU Maritime Security Week a permis de dresser un bilan des projets de coopération soutenus par l’Union européenne, parmi lesquels le programme Safe Seas Africa et le programme consacré à la sécurité portuaire et à la sûreté de la navigation. Deux journées ont également été consacrées à l’Architecture régionale de sécurité maritime, établie et coordonnée par la Commission de l’océan Indien (COI) avec le soutien de l’Union européenne. La troisième session plénière du Groupe international de contact sur les activités illicites en mer, présidé par les Seychelles, figurait aussi au programme.
Selon le bilan présenté à Port-Louis, les programmes, mécanismes et initiatives soutenus par l’Union européenne ont permis de :
Parmi ces interventions figure l’opération Baldor, menée en avril 2026, qui avait abouti à la saisie de 271 kg de stupéfiants.
Une architecture reposant sur des centres nationaux et régionaux
Les responsables des Centres nationaux de sécurité maritime ont participé à la semaine de travail afin de faciliter les coopérations entre les services de chaque pays et d’inscrire ces structures dans l’Architecture régionale de sécurité maritime.
Cette architecture repose sur les Centres nationaux, mais aussi sur le Centre régional de fusion d’information maritime (CRFIM), installé à Madagascar, et le Centre régional de coordination opérationnelle (CRCO), basé aux Seychelles. « L’Union européenne tient particulièrement à soutenir des solutions portées et pilotées par la région dans une logique de partenariat, de respect mutuel et d’engagement partagé en faveur de la paix, de la sécurité et du développement durable », indique Jose Maria Troncoso Perera, chargé d’affaires p.i. et chef de coopération de l’Union européenne.
Pour les prochaines étapes, le représentant de l’Union européenne a identifié quatre priorités : renforcer la connaissance de la situation maritime et le partage d’informations précises et coordonnées ; soutenir les capacités institutionnelles et opérationnelles des administrations maritimes, des services chargés de l’application de la loi, des garde-côtes, des marines et des autorités judiciaires ; relier les actions de sécurité maritime aux objectifs de développement ; et associer davantage les femmes, les jeunes et les communautés côtières aux décisions.
Il a également insisté sur l’importance de la gouvernance, des suites judiciaires et de l’État de droit dans le traitement des activités illicites en mer. « Sécurité et développement vont de pair », a-t-il rappelé.
memento.mu

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