
Les délais de paiement continuent de peser lourdement sur la trésorerie des entreprises mahoraises. Selon l’IEDOM, "les délais de paiement des entreprises en 2024 à Mayotte sont en légère augmentation", avec "58 jours pour les délais clients" et "62 jours pour les délais fournisseurs", soit un jour supplémentaire en un an dans les deux cas.
La situation distingue Mayotte des autres territoires ultramarins. L’Institut relève que "les entreprises du territoire demeurent les seules à régler leurs fournisseurs au-delà du délai légal de 60 jours". Les délais accordés aux clients se rapprochent eux aussi de cette limite et restent nettement supérieurs à ceux observés ailleurs, avec "39 jours en moyenne" dans les autres départements et collectivités d’outre-mer.
Cette lenteur des règlements représente un enjeu majeur pour les entreprises locales. L’IEDOM estime que "la trésorerie nette susceptible d’être mise à disposition des entreprises mahoraises si aucun retard de paiement n’était constaté s’élèverait à plus de 54 millions d’euros en 2024". Un montant qui progresse fortement puisqu’il augmente de "19 millions d’euros" en un an.
Deux secteurs concentrent l’essentiel de ces sommes. "Plus de 31 millions d’euros concernent le secteur de la construction", en hausse de 10 millions d’euros sur un an, tandis que "plus de 22 millions d’euros concernent le secteur du transport et de l’entreposage". Deux activités particulièrement sollicitées dans le cadre de la reconstruction post-Chido.
La pression sur les entreprises apparaît d’autant plus importante que "les besoins de trésorerie des entreprises mahoraises atteignent 22 jours de chiffre d’affaires", un niveau présenté comme "deux fois supérieur à la moyenne ultramarine".
Les difficultés ne concernent pas seulement les relations entre entreprises. Dans le secteur public, les situations divergent fortement selon les organismes.
Pour l’État, "le délai de paiement augmente légèrement de 1,7 jour pour s’établir à 30 jours" en 2025. Il se situe ainsi un jour au-dessus de la moyenne observée dans les DROM.
La dégradation est beaucoup plus nette du côté du secteur public local. "Le délai s’allonge nettement pour atteindre 74,5 jours en 2025", soit une hausse de 18 jours en un an. Ce niveau reste très éloigné du "délai réglementaire maximal de 30 jours".
La situation s’améliore en revanche sensiblement dans les établissements publics de santé. Leur délai moyen de paiement tombe à "90,6 jours", soit une diminution de "36,6 jours" par rapport à 2024. Ce délai reste toutefois supérieur au seuil légal de 50 jours. L’IEDOM souligne qu’il se situe désormais "40 jours de moins que la moyenne des autres départements d’Outre-mer".
À Mayotte, la question des délais de paiement dépasse donc la seule gestion comptable. Avec plusieurs dizaines de millions d’euros susceptibles d’être libérés par une réduction des retards, l’amélioration des règlements pourrait constituer un levier de trésorerie particulièrement important pour des entreprises engagées dans la reconstruction et confrontées à des besoins financiers élevés.
Mémento


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