
Une dépêche AFP décrit l’enracinement des violences armées à Pointe-à-Pitre et aux Abymes, deux communes qui concentrent une grande partie des homicides recensés en Guadeloupe.
Selon le décompte de l’agence, 35 personnes ont été tuées dans l’archipel depuis le début de l’année 2026. Trente décès ont été provoqués par une arme à feu. Quinze victimes ont été recensées à Pointe-à-Pitre et aux Abymes.
Ces deux communes réunissent environ 66 000 habitants. Pointe-à-Pitre, dont la superficie est inférieure à trois kilomètres carrés, est la commune la plus dense de Guadeloupe. La procureure Caroline Calbo estime que les faits restent "très localisés" dans l’agglomération.
Les témoignages recueillis par l’AFP décrivent une banalisation inquiétante des armes. Coco, 52 ans, montre une cicatrice et affirme "moi aussi j’ai pris une balle". Il observe qu’autrefois les conflits se réglaient par des bagarres, tandis que les armes à feu permettent désormais de tuer en quelques secondes.
Jean, un père de 30 ans sorti de prison, relie une partie de la violence au manque de perspectives professionnelles et aux difficultés sociales. Il dit vouloir se réinsérer pour ses enfants. D’autres habitants expliquent ne plus porter de bijoux et éviter Pointe-à-Pitre après 18 heures.
Le directeur territorial de la police nationale, Philippe Miziniak, veut "reprendre la main" en multipliant les contrôles, notamment en fin de semaine et après la tombée de la nuit. Il estime cependant que l’action policière ne pourra produire des résultats durables sans coopération avec la population.
La dépêche montre que la réponse ne se limite pas aux saisies d’armes et aux opérations de police. L’accès à l’emploi, la prévention auprès des jeunes, la lutte contre les trafics et l’accompagnement des personnes sortant de prison apparaissent également déterminants.
Mémento


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