Le Syndicat des Professionnels de l’Audiovisuel des Départements d’Outre-Mer (SPADOM) interpelle les plus hautes autorités de l’État afin d’obtenir une meilleure prise en compte des territoires ultramarins dans les campagnes nationales de communication publique.
Le courrier a été adressé « aux députées, aux sénateurs, à la ministre de la Culture, à la ministre des Outre-mer, au conseiller Outre-mer et au Premier ministre ». L’organisation propose qu’« au moins 4 % du budget annuel d’achat d’espaces publicitaires du Service d’information du Gouvernement » soient consacrés aux territoires ultramarins.
Le syndicat estime que les Outre-mer restent « fortement sous-représentés dans les campagnes nationales de communication de l’État », alors qu’ils représentent « 4,2 % de la population française ». Selon le SPADOM, les crédits consacrés aux DROM-COM seraient « quatre à cinq fois inférieurs au poids démographique de ces territoires ».
Cette situation limiterait la diffusion des messages d’intérêt général auprès des populations ultramarines et réduirait l’efficacité des politiques publiques de prévention. Le courrier cite notamment les problématiques liées « aux cyclones, aux ouragans, aux typhons, au chikungunya, aux sargasses ou encore au diabète », qui nécessitent des campagnes adaptées aux réalités locales.
Le SPADOM insiste également sur le rôle des médias audiovisuels ultramarins, présentés comme « les principaux vecteurs d’information de proximité » dans leurs territoires. Ils assurent quotidiennement des missions d’information, de cohésion sociale et de diffusion des messages d’intérêt général, mais seraient « de plus en plus délaissés dans les plans de communication de l’État au profit des GAFAM ».
Pour corriger cette situation, le syndicat avance une solution qu’il juge « simple, pragmatique et facilement opérationnelle ». Il demande qu’une enveloppe représentant « de l’ordre de 4 % minimum » du budget annuel d’achat d’espaces du Service d’information du Gouvernement soit expressément réservée aux Outre-mer.
Cette enveloppe pourrait ensuite être répartie entre les différents territoires selon leur poids démographique, « sous le pilotage des préfets ». Les services de l’État pourraient faire appel, dans le cadre des règles de la commande publique, à des agences de communication, des agences médias ou des entreprises spécialisées implantées localement.
Le SPADOM considère qu’une telle organisation permettrait d’améliorer l’adaptation des campagnes nationales, de mieux assurer la continuité territoriale de l’information publique et de soutenir les médias locaux, considérés comme des acteurs essentiels du pluralisme et de la cohésion sociale dans les Outre-mer.
L’organisation précise enfin que cette proposition « ne vise pas à créer une dépense nouvelle », mais à améliorer la répartition territoriale d’un budget déjà existant afin de renforcer « l’efficacité de l’action publique, l’équité entre les territoires de la République et la meilleure information des citoyens ».
Mémento

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