Le député de La Réunion Philippe Naillet et la maire de Saint-Denis Ericka Bareigts ont pris position publiquement après l’annonce de la suppression de 90 postes d’enseignants à La Réunion dans le cadre du budget 2026, dont 25 dans le premier degré et 65 dans le second degré pour la rentrée scolaire 2026.
Dans une déclaration, Philippe Naillet fait part de sa « vive inquiétude » face à cette décision gouvernementale, qu’il replace dans un contexte local marqué, selon lui, par un taux de décrochage scolaire deux fois plus élevé que dans l’Hexagone et par des difficultés d’insertion professionnelle croissantes des jeunes. Il évoque une situation « déjà critique » et estime que cette mesure « illustre malheureusement les conséquences néfastes de ce budget issu d’un passage en force par 49.3 ».
Le député avance que près de 3 100 jeunes quittent chaque année le système scolaire à La Réunion avant 18 ans et que 29 % des 15-29 ans sortis du système éducatif ne disposent d’aucun diplôme qualifiant. Il déclare que « ces chiffres, deux fois plus élevés que dans le reste du pays, illustrent l’urgence de renforcer l’accompagnement éducatif ». Il ajoute que « de telles coupes dans les effectifs risquent ainsi d’accentuer ces inégalités et de fragiliser davantage les parcours scolaires des élèves Réunionnais ».
Philippe Naillet indique également que près de 47 % des 15-29 ans sont sans emploi et que les trois quarts des jeunes ayant quitté le système scolaire précocement n’ont pas de travail. Selon lui, « la suppression de postes d’enseignants, en réduisant les moyens alloués à l’éducation, ne fera qu’aggraver cette situation ». Il appelle le gouvernement et le ministre de l’Éducation à reconsidérer la décision et à maintenir les effectifs enseignants sur le territoire.
De son côté, Ericka Bareigts déclare : « Nous dénonçons avec la plus grande fermeté la suppression annoncée de 90 postes d’enseignants à La Réunion ». Elle estime que les décisions sont prises « à distance, sans tenir compte des réalités sociales et éducatives » locales, citant un taux de chômage élevé, une part importante de la population vivant sous le seuil de pauvreté et des inégalités scolaires fortes.
La maire de Saint-Denis décrit une école « déjà sous tension » dans sa commune, avec « des classes trop chargées, des enseignants absents non remplacés, des équipes éducatives fragilisées ». Selon elle, « supprimer des postes, c’est faire le choix d’une dégradation assumée du service public d’éducation ».
Elle affirme qu’« une école inclusive ne peut pas reposer sur des discours » et qu’elle nécessite « des enseignants en nombre suffisant, des classes aux effectifs maîtrisés, des AESH présents lorsque les droits sont reconnus et une capacité réelle à assurer les remplacements ». Évoquant l’action municipale, elle indique que « à Saint-Denis, l’éducation est une priorité » à travers le projet « École du bonheur », tout en considérant qu’« une commune ne peut pas, et ne doit pas, compenser en permanence les défaillances et le désengagement de l’État ».
Ericka Bareigts conclut : « Nous le disons clairement : on ne sacrifie pas l’école, on ne sacrifie pas notre jeunesse » et demande à l’État de revenir « immédiatement » sur la décision de suppression de postes.

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