La salle de conférence du Newton Tower à Port-Louis a accueilli, le 18 août, une rencontre stratégique entre le ministère mauricien des Affaires étrangères et une délégation de l’Alliance des Entreprises de l’Océan Indien. Autour de la table, entrepreneurs, élus et diplomates ont esquissé les contours d’une coopération régionale renforcée.
L’honorable Hambyrajen Narsinghen, ministre délégué aux Affaires étrangères, a salué les représentants de l’Alliance, dont sa présidente Nadine Angélie, l’élue malgache Rakotomanga Lantoarivola Sedera, ainsi que plusieurs chefs d’entreprise. L’objectif affiché était clair : faciliter l’implantation et les projets des entreprises régionales à Maurice, en levant certains freins commerciaux et logistiques.
Au cœur des discussions, le positionnement de l’île dans les grands blocs régionaux (COI, IORA, SADC, COMESA) et la nécessité de fluidifier les échanges avec ses voisins. Les entrepreneurs ont présenté une série d’initiatives, allant du recyclage automobile à l’implantation d’une franchise d’assurance réunionnaise à Maurice, en passant par un projet de parking écologique près de l’aéroport et des investissements immobiliers.
La connectivité aérienne est apparue comme un point de crispation majeur. Le prix des billets entre Maurice et La Réunion – pouvant atteindre 600 euros pour 30 minutes de vol – a été jugé prohibitif, tandis que l’absence de liaison directe avec la Chine freine les ambitions commerciales. Nadine Angélie a insisté sur ses démarches pour obtenir des réductions auprès des compagnies aériennes et renforcer les partenariats avec les hôteliers et loueurs de véhicules.
Les représentants malgaches ont, de leur côté, invité les investisseurs à participer au développement touristique de la Grande Île, en soulignant la simplification des procédures de licences. Toutefois, certaines tensions subsistent, comme les mesures de sauvegarde malgaches freinant l’exportation des nouilles mauriciennes. La question sensible du respect des droits humains dans l’emploi de travailleurs malgaches à Maurice a également été soulevée.
Bref, le ministre Narsinghen a annoncé qu’il saisirait le ministre du Tourisme Richard Duval et le président d’Air Mauritius, K. Beegoo, pour aborder de front la question de la connectivité régionale. Sur le volet international, l’ambassadeur mauricien en Chine, Gaëtan Siew, a réaffirmé que l’établissement d’un vol direct Maurice-Chine constituait une priorité, même si Air Mauritius ne semble pas prête à l’assurer à court terme.
Cette rencontre illustre la volonté partagée de transformer l’océan Indien en un véritable espace économique intégré, malgré des obstacles persistants en matière de transport et de régulation.
70 entreprises membres de l’Alliance des Entreprises de l’Océan Indien (Réunion, Maurice, Madagascar, Comores, Mayotte, Afrique du Sud).
600 € : prix d’un billet aller simple Maurice–Réunion pour seulement 30 minutes de vol, aux périodes de forte demande.
4 blocs régionaux dans lesquels Maurice est actif : COI, IORA, SADC, COMESA.
3 projets structurants présentés : recyclage automobile, franchise d’assurance réunionnaise à Maurice, parking écologique près de l’aéroport.
1 liaison aérienne directe manquante : Maurice–Chine, considérée comme stratégique pour les échanges commerciaux.
Memento.fr
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