Face au mégafeu en Gironde et à la multiplication des risques d’incendie dans plusieurs territoires, la France mobilisait, au 30 juillet 2026, des moyens terrestres et aériens nationaux, européens et bilatéraux. Les capacités aériennes disponibles peuvent toutefois varier quotidiennement, notamment en raison des opérations réglementaires de maintenance.
La France a demandé, le 24 juillet, l’activation du mécanisme de protection civile de l’Union européenne, créé en 2001. Elle a également accepté plusieurs offres d’aide bilatérale et bénéficié, au total, du renfort de douze appareils aériens étrangers.
Plus de 6 000 personnes mobilisées en Gironde
En Gironde, 3 300 sapeurs-pompiers, 1 500 militaires et 1 250 policiers et gendarmes étaient engagés, selon le décompte présenté le 30 juillet par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez.
À l’échelle nationale, 72 colonnes de renfort soutiennent les services départementaux de secours et d’incendie dans les zones touchées ou exposées à un risque important. En début de saison, 51 colonnes avaient été prévues.
Chaque colonne comprend en moyenne une soixantaine de personnes et une vingtaine de véhicules. Elle peut réunir des sapeurs-pompiers professionnels ou volontaires et des sapeurs-sauveteurs de la Sécurité civile. L’État prend en charge leurs déplacements.
Certaines colonnes doivent venir de Nouvelle-Calédonie, de La Réunion, de Mayotte et de Polynésie, a indiqué Laurent Nuñez.
Une flotte aérienne nationale complétée par des locations
La flotte française compte 24 moyens aériens, parmi lesquels douze Canadair destinés à l’attaque massive des incendies. L’un d’eux est en maintenance depuis un accident survenu en mai 2025.
Elle comprend également huit avions Dash, notamment utilisés contre les feux naissants. Pour la première fois, la France a eu recours à un avion de transport militaire Airbus A400M afin d’effectuer des largages de produits retardants.
Depuis 2023, l’État loue chaque été des appareils supplémentaires. La flotte louée en 2026 comprend seize hélicoptères et avions bombardiers d’eau.
Selon un document de la Sécurité civile daté du 29 juillet au soir, seize appareils sur 23 étaient disponibles dans la flotte nationale, contre quinze sur seize dans la flotte louée. Certains services départementaux peuvent également louer ponctuellement leurs propres appareils, comme dans le Vaucluse et la Sarthe.
Des appareils européens déployés en Gironde, dans le Var et en Corse
Dans le cadre du mécanisme européen, la Commission mutualise les ressources des États membres et mobilise la réserve de l’Union européenne baptisée « RescEU ». Les déploiements sont ajustés en fonction des besoins exprimés, des offres reçues, des opérations en cours et de la capacité des pays concernés à utiliser les moyens proposés.
Depuis le 24 juillet, des avions et des hélicoptères portugais, slovaques, tchèques, croates et suédois ont été mis à disposition en Gironde.
Des hélicoptères slovaques et tchèques ont également été envoyés dans le Var. Deux hélicoptères allemands sont disponibles depuis le 28 juillet pour intervenir sur l’incendie en Haute-Corse.
Au sol, des équipes étrangères ont été prépositionnées dans les zones exposées, dont 80 pompiers roumains dans les Pyrénées-Orientales.
Une fois le mécanisme activé, le centre de coordination de la réaction d’urgence de l’Union européenne coordonne et cofinance l’aide fournie par les États membres et les dix autres pays participants : l’Islande, la Norvège, la Serbie, la Macédoine du Nord, le Monténégro, la Turquie, la Bosnie-Herzégovine, l’Albanie, la Moldavie et l’Ukraine.
Des renforts bilatéraux également acceptés
En dehors du mécanisme européen, la Belgique est intervenue en France avec une trentaine de militaires et une dizaine de véhicules spécialisés. Le Luxembourg a envoyé un avion Air Tractor en Gironde le 29 juillet, tandis que trois appareils suisses ont été mis à disposition en Corse.
L’Ukraine doit également apporter un soutien terrestre. Elle « déploiera dans les jours à venir 70 personnels de la Sécurité civile et 10 véhicules », a indiqué Laurent Nuñez le 30 juillet sur le réseau social X.
Le gouvernement israélien a proposé une assistance à la France. Le Quai d’Orsay a indiqué avoir accepté cette offre, sans préciser la nature des moyens concernés.
memento.fr

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