Face à l'intensification des risques (climatiques, sociaux) qui menacent les territoires d'outre-mer, l'IEDOM publie une étude alertant sur un autre facteur de vulnérabilité : la sous-assurance des ménages et des entreprises réunionnais. L'institut appelle à renforcer la culture de l'assurance et de la prévention pour améliorer la résilience du territoire.
Les cyclones Belal en 2024 et Garance en 2025 ont provoqué, à eux seuls, davantage de dégâts que ceux enregistrés au cours des vingt dernières années de sinistralité à La Réunion. Pour l'Institut d'émission des départements d'outre-mer (IEDOM), cette évolution met en lumière un autre facteur de fragilité : la sous-assurance des ménages et des entreprises.
« Sans assurance, on va avoir du mal à développer une économie soutenable », résume David Perrain, économiste à l'IEDOM et auteur de l'étude.
Selon l'IEDOM, seuls 68 % des ménages réunionnais disposent d'une assurance multirisque habitation, contre 97 % en France hexagonale. Les entreprises sont également concernées : beaucoup ne souscrivent pas de garantie couvrant les pertes d'exploitation.
Or, rappelle Philippe La Cognata, directeur de l'IEDOM de La Réunion, « le régime Cat Nat ne marche que quand on est assuré ». Sans contrat d'assurance, particuliers comme entreprises ne peuvent bénéficier du dispositif national d'indemnisation des catastrophes naturelles.
L'étude estime qu'il faudrait augmenter les cotisations d'assurance d'environ 200 millions d'euros par an pour atteindre un niveau comparable à celui de l'Hexagone.
L'IEDOM s'est intéressé à ce secteur après les émeutes en Nouvelle-Calédonie et en Martinique, qui ont relancé les interrogations sur l'assurabilité des territoires ultramarins.
« Nous nous sommes aperçus que ce secteur était insuffisamment connu du public », explique Nicolas Gobalraja, responsable du service Études.
Si le changement climatique entraînera une hausse du coût des sinistres d'ici 2050, les assureurs interrogés considèrent que le risque cyclonique reste assurable. En revanche, les primes devraient continuer à augmenter et les critères de souscription devenir plus sélectifs, notamment pour les biens situés dans les zones les plus exposées.
Au-delà de l'assurance, l'IEDOM insiste sur la nécessité de renforcer la prévention. La qualité des constructions, le respect des normes cycloniques et une meilleure information des habitants sont présentés comme des leviers essentiels pour limiter les conséquences des catastrophes.
« Il faut faire beaucoup de pédagogie sur ces questions d'assurance », estime Philippe La Cognata. « C'est le rôle des assureurs, de l'État et désormais aussi le nôtre. »
Pour l'IEDOM, dans un contexte d'intensification des aléas climatiques, mieux assurer les biens et les activités économiques constitue désormais un enjeu majeur de résilience pour le territoire réunionnais.
Mémento - DT
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