Confrontée à un retard historique de ses infrastructures hydrauliques et à une sécheresse qui s'intensifie, la CIREST dévoile une feuille de route ambitieuse pour la période 2026-2032. Objectif : sécuriser durablement l'approvisionnement en eau, moderniser les réseaux et préparer l'avenir avec un projet structurant baptisé « l'autoroute de l'eau ».
L'eau est désormais la priorité numéro un de la Communauté Intercommunale Réunion Est (CIREST). À l'occasion d'un point d'étape consacré aux grands projets du territoire, son président, Joé Bédier, a présenté une stratégie destinée à répondre à un défi devenu majeur : garantir un accès durable à la ressource pour les habitants de l'Est de La Réunion.
« Notre territoire accuse un retard historique en matière d'infrastructures hydrauliques », constate l'élu. « Pendant plusieurs décennies, les investissements n'ont pas été réalisés à la hauteur des besoins. Les réseaux ont progressivement vieilli et leur renouvellement n'a pas suivi. Les capacités de production n'ont pas suffisamment été diversifiées. Les ouvrages de stockage demeurent insuffisants pour répondre aux besoins du territoire qui continue de se développer ».
Un plan d'action pour rattraper le retard
À ces difficultés structurelles s'ajoute désormais la sécheresse qui touche l'ensemble de La Réunion. Si le phénomène est global, ses conséquences sont particulièrement marquées dans l'Est, où les infrastructures apparaissent aujourd'hui insuffisamment dimensionnées.
Pour y répondre, la CIREST présente une feuille de route couvrant le mandat 2026-2032. Cette stratégie s'articule autour de plusieurs axes majeurs : réduire les pertes d'eau grâce au renouvellement des réseaux, renforcer les capacités de production avec de nouveaux forages menés en partenariat avec le BRGM, réhabiliter les ouvrages existants et rechercher de nouvelles ressources.
L'intercommunalité entend également développer les capacités de stockage afin de mieux sécuriser l'alimentation lors des périodes de tension et poursuivre la modernisation de ses équipements avec le déploiement de la télérelève. Cette technologie permettra notamment de mieux suivre les consommations, de détecter plus rapidement les fuites et d'améliorer le service rendu aux usagers.
Des investissements ciblés selon les besoins des communes
Les investissements seront adaptés aux spécificités de chaque territoire. À Saint-André, la CIREST prévoit des opérations importantes pour renforcer la production, le stockage et la sécurisation de la ressource. À Salazie, où le relief et l'isolement compliquent la gestion de l'eau, les priorités porteront sur la sécurisation des captages, la modernisation des unités de traitement et l'amélioration du service.
Parallèlement, un plan Citernes sera lancé en 2027. Doté d'une enveloppe de près de 500 000 euros, il permettra d'équiper environ 1 500 foyers en récupérateurs d'eau de pluie. Au-delà du soutien aux habitants, cette mesure vise également à encourager les économies d'eau et à promouvoir des usages plus responsables de la ressource.
L'« autoroute de l'eau », un projet pour l'avenir
Au-delà des actions engagées à court terme, la CIREST affiche une vision de long terme avec un projet structurant : l'« autoroute de l'eau ». Pensé comme un levier majeur de développement, ce futur équipement hydraulique doit permettre de sécuriser durablement l'approvisionnement en eau de l'Est, tout en accompagnant la construction de logements, le développement économique, l'installation de nouvelles entreprises, l'agriculture et l'aménagement du territoire.
Pour Joé Bédier, ce projet répond également à un enjeu d'équilibre territorial. « L'Est ne demande pas un traitement particulier. Il demande simplement de disposer des infrastructures indispensables à son développement », souligne-t-il. Un chantier d'une telle ampleur nécessitera toutefois une mobilisation collective associant l'État, l'Europe, la Région, le Département, l'Office de l'eau et l'ensemble des partenaires institutionnels.
À travers cette feuille de route, la CIREST entend ainsi passer « d'une logique de gestion de crise à une logique d'anticipation », avec l'ambition de garantir un accès durable à une eau de qualité tout en donnant à l'Est les moyens de poursuivre son développement.
memento.re / S.D

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