
La science se goûte, se manipule, s’observe et se partage. Jusqu’au 12 octobre, la Nouvelle-Calédonie vit au rythme de la Fête de la science, avec une édition 2026 placée sous le thème des « Saveurs savantes ». Pendant dix jours, laboratoires, établissements scolaires, médiathèques, entreprises, lieux culturels et espaces publics deviennent autant de terrains d’expérimentation.
L’édition prend cette année une dimension particulièrement territoriale avec « 40 événements gratuits » répartis dans 13 communes et les trois provinces. Près de « 50 organisations » sont mobilisées, représentant plus de 200 personnes issues de la recherche, des associations, des entreprises, des collectivités, des musées ou encore des médiathèques.
Le choix de l’alimentation comme fil conducteur permet d’aborder des sujets beaucoup plus larges. Derrière un produit, une recette ou une saveur apparaissent des questions liées à « la santé, l’environnement, l’agriculture, la biodiversité, la culture et la transmission des savoirs ».
Il ne s’agit donc pas simplement de parler de cuisine. Pourquoi l’eau n’a-t-elle pas toujours le même goût, comment le cacao devient-il du chocolat, que contiennent les poissons consommés en Nouvelle-Calédonie, comment les plantes médicinales peuvent-elles intéresser la recherche ou encore comment produire une alimentation plus durable sont autant de portes d’entrée vers les sciences.
La manifestation privilégie également l’expérience. Le public est invité à « observer, manipuler, expérimenter et goûter ». La programmation comprend notamment des visites de laboratoires et d’entreprises, des ateliers, deux escape games, des dégustations et une douzaine de grands rendez-vous proposant plusieurs animations. Cuisine moléculaire, cacao, plantes, microalgues, alimentation locale ou savoirs traditionnels figurent parmi les nombreux sujets abordés.
Cette édition cherche aussi à rapprocher la recherche de ceux qui fréquentent rarement les lieux scientifiques. Avec « Ramène ta science dans les quartiers », les expériences quittent les laboratoires pour investir les espaces publics de Nouméa et du Grand Nouméa. Du 5 au 9 octobre, les animations passent successivement par Magenta, Païta, Rivière Salée, Vallon Dore et Kaméré.
La démarche concerne toutes les générations. Les plus jeunes peuvent découvrir les sciences dès trois ans, tandis que certaines animations sont spécifiquement destinées aux seniors. À Dumbéa, par exemple, un atelier leur permet de suivre la transformation du cacao calédonien, depuis la fève jusqu’aux premières étapes de fabrication du chocolat.
La Fête entend également créer des passerelles entre connaissances scientifiques et savoirs transmis. À Thio, le Musée de la Mine propose le 8 octobre de confronter sciences, alimentation et patrimoine à travers les connaissances des aînés. À Pouembout, chercheurs, détenteurs de savoirs locaux et habitants se retrouveront le même jour dans un nakamal afin d’échanger leurs expériences.
Les entreprises participent elles aussi à cette ouverture de la science vers le grand public. Le 9 octobre, la Société Industrielle des Eaux du Mont-Dore ouvrira son site de production pour expliquer le parcours de l’eau, sa mise en bouteille et les contrôles réalisés. Le même jour, une usine de fabrication de chocolat accueillera pour la première fois le public afin de présenter les transformations de la fève de cacao.
L’édition 2026 marque aussi une volonté de mieux répartir les animations sur le territoire. La programmation compte 21 rendez-vous à Nouméa, huit en province Sud hors Nouméa, huit en province Nord et un dans les îles Loyauté. Le nombre d’événements organisés hors de la capitale progresse fortement par rapport à l’année précédente. En 2025, plus de « 3 500 participants » avaient pris part aux différentes manifestations.
Gabriel Levionnois, chef engagé sur les questions d’alimentation et fondateur de Pacific Food Lab, est l’ambassadeur de cette édition. Sa lecture de la manifestation résume bien l’esprit recherché puisque « la science ne se trouve pas seulement dans les laboratoires. Elle est aussi dans nos champs, dans nos cuisines et dans nos assiettes ».
Pendant dix jours, la Fête de la science transforme ainsi la Nouvelle-Calédonie en vaste laboratoire ouvert. Une manière de rappeler que la recherche n’est pas uniquement affaire de spécialistes et qu’elle peut commencer par une interrogation très simple, celle de savoir ce que nous avons réellement dans notre assiette.
ENCADRÉ
3 octobre – Nouméa
Le Village des sciences du Sud réunit chercheurs, associations et établissements scolaires au collège François Ollivaud autour d’expériences, de démonstrations, de jeux et d’animations.
5 au 9 octobre – Nouméa et Grand Nouméa
« Ramène ta science dans les quartiers » déplace ateliers et expériences au plus près des habitants, à Magenta, Païta, Rivière Salée, Vallon Dore et Kaméré.
6 octobre – Poya
Le Village des sciences du Nord propose ateliers, expériences, démonstrations et projets scientifiques au collège Essaü Voudjo.
8 octobre – Thio et Pouembout
À Thio, sciences et savoirs transmis par les aînés se rencontrent au Musée de la Mine. À Pouembout, les « Discussions du Nakamal » réunissent scientifiques, habitants et détenteurs de savoirs locaux.
9 octobre – Wé
Le Village des sciences des îles Loyauté prend ses quartiers au collège Laura Boula, dans la tribu de Hnassé.
9 octobre – Nouméa et Mont-Dore
Découverte de la fabrication du chocolat à Cacao du Pacifique et visite du site de production de la Société Industrielle des Eaux du Mont-Dore.
10 octobre – Boulouparis
La Distillerie de Boulouparis ouvre ses portes autour de la distillation du niaouli, avec découverte des procédés de production.
De nombreuses autres animations sont proposées jusqu’au 12 octobre, des ateliers destinés aux enfants aux rencontres scientifiques, visites de laboratoires, conférences, dégustations et rendez-vous pour les seniors.
Mémento


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