
Alors que les billets d’avion sont déjà jugés particulièrement chers dans les Outre-mer, Bercy envisage une nouvelle contribution sur le kérosène pour financer les carburants d’aviation durables. Une initiative écologique dont les conséquences pourraient être particulièrement pénalisantes pour les Réunionnais, qui n’ont aucune alternative à l’avion.
Dans son projet de budget 2027, le gouvernement prévoit un dispositif destiné à soutenir la production française de carburants d’aviation durables, notamment ceux fabriqués à partir d’hydrogène. Son financement reposerait sur une contribution demandée aux producteurs de kérosène fossile implantés en métropole.
Mais ne nous y trompons pas. Même si cette contribution concerne uniquement les producteurs de kérosène sur le territoire métropolitain, il serait illusoire d'imaginer que les liaisons aériennes avec les Outre-mer seront épargnées. Les compagnies aériennes achetant leur carburant auprès de ces fournisseurs pourraient subir une hausse de leurs coûts, qu'elles seraient susceptibles de répercuter sur les billets. Le risque est donc bien réel pour les voyageurs ultramarins, même si son ampleur reste à déterminer.
À La Réunion, impossible de prendre le TGV !
Contrairement aux habitants de l'Hexagone, qui peuvent privilégier le train ou la voiture pour de nombreux déplacements, les Réunionnais n'ont aucune alternative à l'avion pour rejoindre la métropole. Étudiants, familles, salariés et entrepreneurs sont tous concernés.
Pour les entreprises réunionnaises, la situation est particulièrement préoccupante. Les grands salons professionnels, les rencontres avec les fournisseurs, les investisseurs et les partenaires commerciaux se déroulent souvent en métropole ou à l'étranger. Ces déplacements, indispensables au développement économique, représentent déjà des dépenses considérables.
Comment encourager les entreprises réunionnaises à conquérir de nouveaux marchés si les coûts de déplacement continuent d'augmenter ? Comment défendre la compétitivité d'un territoire insulaire tout en alourdissant les charges liées à son éloignement géographique ?
Une transition écologique à deux vitesses ?
La décarbonation du transport aérien constitue une nécessité. Mais doit-elle se traduire par une fiscalité identique pour ceux qui disposent d'autres moyens de transport et ceux qui n'ont d'autre choix que de prendre l'avion ?
Pour La Réunion, le transport aérien n'est pas simplement une activité touristique. Il conditionne les échanges économiques, la mobilité des habitants et les relations avec la métropole.
Une nouvelle contribution qui renchérirait les billets risquerait ainsi de pénaliser davantage les territoires que les pouvoirs publics affirment vouloir accompagner dans leur développement.
La transition écologique ne devrait-elle pas tenir compte des réalités géographiques et prévoir des dispositions particulières pour les Outre-mer ? Car, depuis La Réunion, personne ne pourra remplacer son billet d'avion par un billet de TGV !
Mémento


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