
À Sainte-Anne, sur la commune de Saint-Benoît, la réhabilitation de l’ancienne décharge littorale de Ravine Sèche entre dans une phase décisive. Exploité pendant près de vingt ans, de 1986 à 2005, le site contient encore "environ 500 000 m³ de déchets" sur une emprise de plus de cinq hectares, soit l’équivalent d’environ sept terrains de football.
Installée sur une ancienne carrière d’alluvions, la décharge s’est progressivement élevée jusqu’à atteindre par endroits "25 mètres au-dessus du niveau marin". Situé entre la RN2 et l’océan, ce massif historique reste directement exposé aux fortes pluies, au ruissellement, à la houle et aux événements climatiques extrêmes.
La CIREST conduit désormais sa réhabilitation afin "d’isoler durablement le massif de déchets de l’environnement extérieur", de réduire les infiltrations d’eau et de limiter les risques de relargage de déchets ou de polluants vers le milieu marin.
Le chantier, engagé opérationnellement en 2026 après plusieurs années d’études et de procédures, représente un investissement prévisionnel global d’environ "5,10 millions d’euros HT". L’État, par l’intermédiaire de l’ADEME, accompagne l’opération à hauteur de "91 %".
Contrairement à une opération classique de dépollution, les quelque 500 000 m³ de déchets ne seront pas intégralement excavés. Un tel choix entraînerait des volumes de transport considérables ainsi que des coûts et des risques supplémentaires. La solution retenue consiste à "stabiliser, remodeler, couvrir et protéger durablement le massif sur place".
Plusieurs interventions sont ainsi menées successivement. Le terrain est d’abord nettoyé et préparé avant le remodelage du massif afin d’adoucir les pentes. Une couverture doit ensuite permettre de limiter les infiltrations et les échanges avec l’environnement extérieur. Des ouvrages hydrauliques sont également réalisés pour gérer les eaux pluviales.
Sur la façade exposée à l’océan et aux cours d’eau, des enrochements doivent renforcer la résistance du site aux aléas marins et fluviaux. La dernière étape consistera à revégétaliser le terrain avec des espèces herbacées "sélectionnées pour leur adaptation au bioclimat local".
Au 1er octobre 2026, les enrochements du côté rivière étaient "finalisés", tandis que ceux du côté mer étaient réalisés à "35 %". Le remodelage des déchets avait atteint "70 %". La prochaine étape prévoit la mise en place complète de la couche de fermeture des déchets avant la période de fermeture du BTP.
Les travaux de réhabilitation doivent se poursuivre jusqu’à la fin avril 2027. Les aménagements paysagers prendront ensuite le relais de mai à septembre 2027. L’achèvement global de l’opération est annoncé pour "septembre 2027".
La sensibilité du site impose par ailleurs un dispositif de surveillance renforcé. Des matériaux contenant ponctuellement de l’amiante ont été identifiés dans certaines zones du massif. Des protocoles spécifiques de prévention et de protection des travailleurs ont donc été mis en place. Les prélèvements réalisés en limite du chantier toutes les deux semaines n’ont, selon les informations communiquées, "pas détecté de fibres d’amiante".
Le chantier reste interdit au public. Des mesures de surveillance de la qualité de l’air et de l’empoussièrement accompagnent les différentes phases des travaux.
Une fois le chantier terminé, la surveillance se poursuivra pendant "au moins 30 ans". Elle concernera notamment les eaux souterraines, les eaux superficielles, l’air et la biodiversité afin de vérifier dans la durée l’efficacité de la réhabilitation.
Le site ne deviendra pas pour autant un nouvel espace de loisirs. Il restera soumis aux contraintes environnementales et réglementaires liées à son ancienne utilisation. Une éventuelle reconversion, notamment pour une activité photovoltaïque, ne pourrait être envisagée qu’après étude de sa compatibilité technique et réglementaire.
Après plus de vingt ans durant lesquels cet ancien dépôt de déchets est resté particulièrement visible sur le littoral Est, l’enjeu consiste désormais à "maîtriser durablement les conséquences" de son histoire et à protéger la côte pour les décennies à venir.
Mémento


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