La Commission européenne a validé en début de semaine l’ouverture d’aides à la modernisation pour 16 catégories de navires de pêche dans les territoires ultramarins. Cette décision permet l’accès à des dispositifs de soutien attendus depuis plusieurs années par les professionnels du secteur. Ces aides seront financées à hauteur de 50 % par l’État, les régions prenant en charge l’autre moitié. Les pêcheurs concernés pourront déposer leurs dossiers dès l’ouverture des guichets régionaux.
Le dispositif s’inscrit dans le cadre des lignes directrices européennes encadrant le renouvellement des flottes de pêche, qui conditionnent l’octroi des aides au respect d’un équilibre entre les capacités de pêche et l’état des ressources halieutiques. Ce cadre a été révisé à la demande de la France afin de mieux intégrer les spécificités des territoires ultramarins.
Au total, 16 segments de flotte sont concernés dans quatre territoires :
La Guyane bénéficie, pour sa part, depuis 2024, d’un dispositif spécifique déjà validé, en raison notamment des enjeux liés à la pêche illégale.
Cette décision résulte d’un travail engagé depuis plusieurs années par la France pour adapter la réglementation européenne aux réalités des pêcheries ultramarines, en particulier pour les navires de moins de 12 mètres. Elle ouvre la voie à des investissements dans la modernisation des navires, l’amélioration des conditions de travail, la transition énergétique du secteur et le renforcement de la souveraineté alimentaire.
« Cette décision de la Commission européenne va permettre de poursuivre le renouvellement de la flotte de pêche attendu depuis 2022 par les professionnels en outre-mer. La pêche constitue un secteur économique stratégique et un élément-clef de la souveraineté alimentaire de nos territoires ultramarins. Il faut poursuivre la mobilisation pour que ce dispositif soit une réalité concrète pour tous les navires ciblés et tous les territoires », indique Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer.
« C'est une victoire pour beaucoup de nos pêcheurs d'Outre-Mer, qui attendaient depuis trop longtemps les moyens de renouveler leurs outils de travail. Grâce à cette décision, nous pouvons enfin agir concrètement pour moderniser nos flottes, garantir des conditions de travail dignes, engager la transition énergétique du secteur et renforcer la souveraineté alimentaire de nos territoires ultramarins. Nous continuerons d’agir pour ouvrir de nouveaux segments en 2027 et plus largement garantir un cadre européen qui permette de moderniser la flotte », précise Catherine Chabaud, ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche.
« Cette annonce est une avancée majeure pour le renouvellement de nos flottes de pêche dans nos territoires ultramarins. Elle démontre que l'UE est pleinement engagée à aider et à soutenir nos pêcheries. Cette décision marque une étape importante dans la modernisation de nos flottes et offre des perspectives concrètes pour améliorer la sécurité des marins, la performance énergétique, la compétitivité de la filière et la durabilité des activités de pêche. Elle est aussi le fruit d’une forte mobilisation de la France, qui a activement œuvré auprès des institutions européennes pour faire évoluer le cadre réglementaire. En portant la voix des pêcheurs et en défendant la nécessité de moderniser une flotte vieillissante, la France a joué un rôle déterminant dans cette évolution. Nous poursuivrons notre mobilisation dans le cadre du prochain cadre financier pluriannuel et de la stratégie RUP », explique Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l’Europe.
Les discussions se poursuivent au niveau européen afin d’élargir à l’avenir le nombre de segments éligibles, notamment en Martinique, et d’adapter plus largement les dispositifs aux besoins de modernisation des flottes dans les territoires ultramarins.
memento.fr

0 COMMENTAIRE(S)