
Face au dérèglement climatique, les territoires insulaires veulent peser davantage dans les négociations internationales. Réunis les 28 et 29 septembre à Port-Louis, à Maurice, plus de 60 représentants des administrations nationales, de la jeunesse et de la société civile issus des États insulaires de l’océan Indien, d’Afrique, du Pacifique et des Caraïbes ont travaillé à la préparation de la COP31.
Organisé par la Commission de l’océan Indien, la Haute-Commission d’Australie et le Bureau de la Résidente-coordonnatrice des Nations unies à Maurice, ce Dialogue régional des îles de l’océan Indien et d’Afrique sur le climat avait pour ambition de favoriser les échanges et de faire émerger des positions communes face aux conséquences du changement climatique.
Le secrétaire général de la COI, Ibrahim Norbert Richard, a placé d’emblée les débats sous le signe de l’action collective. « Ce que nous représentons, ce sont des îles qui refusent d’être victimes, ce sont des îles qui font le choix de l’action, de l’ambition et de la résilience parce qu’il est question de notre survie. » Il a également rappelé qu’« aucun de nous ne peut le faire seul ».
Le constat partagé est celui d’une forte exposition des territoires insulaires alors que leur responsabilité dans les émissions mondiales reste limitée. Selon les éléments présentés par les Nations unies, « l’ensemble des petits États insulaires en développement contribue à moins de 1 % des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial ». Ces territoires figurent pourtant parmi ceux confrontés aux pertes économiques et aux pressions sociales les plus importantes liées au dérèglement climatique.
Cette situation remet au premier plan la question du financement climatique. Les États insulaires réclament un meilleur accès aux ressources financières, mais aussi aux capacités techniques et aux technologies nécessaires pour s’adapter aux transformations déjà engagées.
L’enjeu de la COP31 sera donc aussi celui de la représentation. Les participants souhaitent que les îles de l’océan Indien et d’Afrique puissent porter une position plus structurée, à l’image des regroupements déjà constitués dans le Pacifique et les Caraïbes. Parmi les pistes retenues figure la création d’un « pavillon virtuel à la COP31 » destiné à présenter collectivement les priorités de la région.
Les discussions ont notamment porté sur « la sortie progressive des énergies fossiles, le financement climatique et les nouveaux objectifs de réduction des émissions ». Autant de sujets qui devraient occuper une place importante dans les prochaines négociations internationales.
L’Australie, appelée à jouer un rôle dans les négociations de la COP31 aux côtés de la Türkiye, a insisté sur la nécessité de mieux prendre en compte les particularités insulaires. Kate Varian, Haute-Commissaire par intérim d’Australie, estime que « pour les États insulaires, ces impacts se font sentir de manière particulièrement immédiate », rendant indispensable « une coopération renforcée et une voix plus unie ».
Le président de la République de Maurice, Dharambeer Gokhool, doit pour sa part participer à la réunion des dirigeants de la pré-COP organisée à Fidji et à Tuvalu, où il représentera la région de l’océan Indien. Cette étape doit permettre de faire remonter les préoccupations des territoires insulaires avant les prochaines échéances climatiques internationales.
Les Nations unies défendent également une meilleure intégration de ces priorités dans les cadres internationaux. Lisa Simrique Singh, Résidente-coordinatrice des Nations unies à Maurice, a assuré que « l’ONU reste fermement engagée à promouvoir et à veiller à ce que leur voix et leurs priorités stratégiques soient pleinement prises en compte dans les cadres mondiaux, notamment par le biais de la COP31 ».
Au-delà des négociations climatiques elles-mêmes, les participants ont insisté sur les partenariats entre gouvernements, organisations régionales, société civile, jeunesse et secteur privé. Pour les petits États insulaires en développement, agir ensemble doit permettre de transformer une vulnérabilité commune en capacité de négociation collective.
Dans l’océan Indien, la bataille climatique se jouera donc aussi sur le terrain diplomatique. Des îles géographiquement dispersées mais confrontées à des difficultés comparables cherchent désormais à consolider une parole commune pour ne plus seulement subir les décisions prises lors des grandes conférences internationales, mais participer davantage à leur élaboration.
Les représentants réunis à Maurice ont identifié plusieurs enjeux majeurs pour les territoires insulaires.
La sortie progressive des énergies fossiles figure parmi les sujets annoncés pour la COP31.
Le financement climatique constitue également une priorité, avec la volonté d’améliorer l’accès des petits États insulaires aux ressources nécessaires à leur adaptation.
Les participants souhaitent renforcer les capacités techniques et l’accès aux technologies permettant de faire face aux conséquences du dérèglement climatique.
De nouveaux objectifs de réduction des émissions seront également discutés.
La création d’un pavillon virtuel à la COP31 est envisagée pour permettre aux îles de l’océan Indien et d’Afrique de présenter collectivement leurs positions et leurs priorités.
Mémento


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