
Le sans-plomb atteint 2,11 euros le litre depuis le 1er novembre 2026 à La Réunion, après une nouvelle hausse de 11 centimes. Depuis mars, son prix a augmenté de 37 %. Pour un plein de 50 litres, la facture est passée de 77 à 105,50 euros, soit 28,50 euros supplémentaires.
Dans un reportage de Jéromine Doux pour l’AFP, Willy, un quinquagénaire de La Rivière-Saint-Louis, témoigne des arbitrages imposés par cette augmentation. Venu faire le plein de son scooter dans une station de Saint-Pierre, il explique limiter certains déplacements.
« Désormais, on réfléchit à deux fois avant d’aller se balader de l’autre côté de l’île », confie-t-il.
Avant l’entrée en vigueur du nouveau tarif, plusieurs stations ont enregistré un afflux de clients. Certaines affichaient des ruptures de stock lundi.
Une forte dépendance aux véhicules
La hausse intervient dans un territoire où les alternatives à la voiture restent limitées. Selon les données de l’Insee citées dans le reportage, 83 % des actifs utilisent leur véhicule pour aller travailler, contre à peine 6 % pour les transports en commun.
Willy parcourt en moyenne 25 kilomètres par jour pour rejoindre son travail. Il souligne que d’autres Réunionnais effectuent quotidiennement des trajets dépassant 100 kilomètres.
Le gazole demeure moins cher que le sans-plomb, à 1,69 euro le litre, et reste le carburant le plus vendu sur l’île. Toutefois, d’après l’Observatoire Énergie Réunion, la consommation d’essence augmente, portée notamment par les achats de petites citadines essence ou hybrides, moins coûteuses à l’acquisition.
La hausse du sans-plomb concerne désormais plus de quatre voitures sur dix à La Réunion.
Des ménages déjà confrontés à la vie chère
Cette dépense supplémentaire pèse sur une population dont 36,4 % vit sous le seuil de pauvreté, contre 15,9 % en France métropolitaine, selon les chiffres rapportés par l’AFP.
Les écarts de prix concernent également les achats quotidiens. Selon l’Insee, en 2022, les prix étaient en moyenne 9 % plus élevés à La Réunion qu’en métropole. Pour les produits alimentaires, l’écart atteignait 37 %.
Un tarif révisé chaque mois
À La Réunion, les prix des carburants sont réglementés et révisés mensuellement par arrêté préfectoral.
La préfecture explique que leur calcul repose notamment sur la moyenne des cotations internationales observées pendant quinze jours ouvrés, le taux de change entre l’euro et le dollar et les coûts d’acheminement depuis l’Asie et le marché de Singapour.
Au guichet de la station de Saint-Pierre, Chloé Clain constate les réactions des clients : « Les gens sont en colère. Ils disent qu’ils travaillent pour survivre. Ils n’ont pas le choix, ils sont obligés de faire le plein pour aller travailler. »
memento.re

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