La Réunion fait face à un double défi : l’intensification des risques climatiques et un niveau de sous-assurance jugé préoccupant, selon l’Institut d’émission des départements d’outre-mer. Dans un contexte de catastrophes naturelles plus fréquentes et plus coûteuses, l’enjeu est de garantir une couverture assurantielle adaptée tout en améliorant la protection des ménages et des entreprises.
Les territoires ultramarins sont particulièrement exposés aux événements climatiques extrêmes, dont la fréquence et l’intensité augmentent sous l’effet du changement climatique. Cyclones, inondations et vents violents génèrent des dégâts économiques de plus en plus élevés. À La Réunion, le coût des dégâts causés par Belal en janvier 2024 et Garance en février 2025 dépasse les montants de sinistralité des vingt dernières années. À l’horizon 2050, les projections font état d’une hausse significative du coût des sinistres, ce qui devrait renforcer la pression sur les systèmes assurantiels et les acteurs économiques locaux.
Un régime Cat Nat indispensable, mais réservé aux assurés
Le régime d’indemnisation des catastrophes naturelles, dit Cat Nat, géré par la Caisse centrale de réassurance, joue un rôle important dans la prise en charge des sinistres. Il permet de mutualiser les risques à l’échelle nationale et de contenir les coûts pour les assurés. Selon la Cour des comptes, sans ce mécanisme de réassurance publique, l’assurance habitation des particuliers pourrait être jusqu’à dix fois plus chère en Outre-mer. Ce dispositif repose toutefois sur une condition : être assuré. Les particuliers et les entreprises non couverts restent exclus du mécanisme, ce qui renforce leur vulnérabilité en cas de catastrophe.
L’IEDOM précise que la sinistralité à venir ne remet pas en cause le système assurantiel actuel. Selon les assureurs interrogés, le risque cyclonique reste un aléa assurable. Le risque climatique devrait néanmoins accroître la sélectivité des dossiers.
Une sous-assurance élevée des biens et de l’activité
Face à ces enjeux, l’économie réunionnaise se caractérise par un niveau élevé de sous-assurance des biens et de l’activité. Les cotisations versées aux assureurs représentent, dans le PIB, une proportion inférieure de 30 % à celle observée en France hexagonale. Cette sous-assurance concerne les particuliers, avec une couverture habitation encore insuffisante, mais aussi les entreprises, souvent peu protégées contre les pertes d’exploitation. Le niveau de vie plus faible à La Réunion explique en partie le moindre recours à l’assurance, notamment à l’assurance multirisque habitation. Mais il ne suffit pas, à lui seul, à expliquer ce phénomène. L’IEDOM cite également le manque d’information, la confiance dans les solidarités familiale ou nationale et certaines conditions de logement.
Prévenir, assurer, protéger
Pour l’IEDOM, le renforcement de la résilience des territoires ultramarins passe par une meilleure diffusion de l’assurance, une sensibilisation accrue aux risques et un respect plus rigoureux des normes de construction. Dans un contexte de mutation rapide des risques, l’assurance apparaît comme un pilier essentiel de la sécurité économique et sociale en Outre-mer.
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