
Des élus indépendantistes et autonomistes de Polynésie française ont demandé le 5 octobre 2026 aux Nations unies l’envoi d’une mission dans l’archipel ainsi que l’ouverture d’un dialogue avec la France sur l’évolution de son statut politique. Paris a annoncé de futures consultations avec les acteurs polynésiens, tout en maintenant sa position en faveur d’un dialogue direct ne réservant aucun rôle à l’ONU.
Le président indépendantiste de la Polynésie française, Moetai Brotherson, ainsi que des élus issus des trois groupes de l’Assemblée de la Polynésie française se sont exprimés devant la Quatrième Commission de l’ONU sur la décolonisation, à New York.
Situés à 18 000 kilomètres de Paris, les cinq archipels polynésiens ont été réinscrits en 2013 sur la liste des territoires non autonomes à décoloniser des Nations unies.
« Nous pouvons avoir des convictions différentes, mais nous avons un seul pays et un seul peuple », a déclaré Tematai Le Gayic, l’un des dirigeants du parti indépendantiste A Fano Ti'a.
Parmi les demandes présentées figurent l’organisation d’une mission de visite des Nations unies, la mise en place d’un programme de travail consacré à l’évolution du statut politique de la Polynésie française et l’ouverture d’un dialogue avec la France. Tematai Le Gayic a rappelé que le statut actuel relève d’une loi organique adoptée par le Parlement français, au sein duquel la Polynésie représente 0,5 % des parlementaires.
Pour Antony Géros, président de l’Assemblée de la Polynésie française et responsable de la délégation du parti indépendantiste Tavini, « la question centrale n’est plus de savoir si notre peuple possède le droit à l’autodétermination », mais « de savoir comment lui donner un effet concret ».
Moetai Brotherson a de son côté estimé que « notre processus de décolonisation est malheureusement dans l’impasse », reprochant à Paris de ne s’être « toujours pas engagé dans un dialogue structuré sous les auspices des Nations unies ».
Si les différents groupes représentés ont soutenu le principe d’une mission de l’ONU, leurs positions sur l’avenir institutionnel du territoire restent distinctes.
L’autonomiste Édouard Fritch, sénateur et ancien président de la Polynésie française, souhaite que cette mission puisse constater « que nos institutions fonctionnent, que notre autonomie est réelle et que notre démocratie est bien vivante ».
Du côté de la France, Jay Dharmadhikari, représentant français auprès des Nations unies, a réaffirmé que la Polynésie française « dispose d’une grande autonomie politique ».
Selon lui, le président de la République et le gouvernement « mèneront des consultations avec l’ensemble des acteurs polynésiens ».
Le diplomate français a défendu le maintien d’« un dialogue direct et constant » entre l’État et la Polynésie française. Il a également indiqué que le territoire recevait environ 2 milliards d’euros de transferts de l’État chaque année, soit l’équivalent de 30 % du PIB polynésien.
La France a cependant réaffirmé que ce dialogue ne prévoyait aucun rôle pour les Nations unies.
La Quatrième Commission de l’ONU doit se prononcer le 15 octobre 2026 sur les projets de résolution relatifs à la décolonisation.
La session a également été marquée par le décès soudain, à New York, le 4 octobre 2026, du délégué polynésien Léon Tefau. Fidèle du parti indépendantiste Tavini, il s’était spécialement rendu à New York pour participer à cette réunion. Plusieurs intervenants lui ont rendu hommage.
Source : AFP - memento.fr


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