Après la Martinique en 2025, la Guyane a rejoint mardi 7 juillet 2026 la Communauté des Caraïbes (Caricom) en qualité de membre associé. Cette adhésion doit renforcer l’intégration régionale de cette collectivité française dans l’espace caribéen. La signature est intervenue lors de la 51e Conférence des chefs de gouvernement de la Caricom, organisée à Sainte-Lucie. Fondée en 1973, l’organisation internationale regroupe 15 États membres, parmi lesquels Haïti et le Guyana, où elle a son siège.
Une organisation structurée autour de coopérations régionales
La Caricom dispose d’un organe décisionnel exécutif et de plusieurs agences spécialisées, notamment dans les domaines de la sécurité, de la gestion des catastrophes naturelles, de la santé et de l’éducation. Elle possède également une banque de développement et une cour d’arbitrage des conflits. L’organisation fonctionne selon un modèle de consensus entre États souverains, sans mécanisme de transfert de compétences.
"La Caricom n’est pas la seule organisation des Caraïbes, mais c’est la plus ancienne et la mieux structurée. Elle propose des coopérations et des services concrets aux 18 millions d’habitants qu’elle englobe", souligne Olivier Plançon, ambassadeur au Guyana et représentant permanent de la France auprès de la Communauté des Caraïbes.
Un statut de membre associé encadré
En tant que membre associé, la Guyane pourra bénéficier des programmes de coopération de la Caricom et participer à l’ensemble des discussions politiques. Elle ne disposera toutefois pas de droit de vote, en raison d’un statut comportant plusieurs limites légales fixées par Paris. La Collectivité territoriale de Guyane (CTG) ne pourra pas intervenir dans les débats régaliens de politique étrangère ni sur la politique commerciale, qui relève de la compétence exclusive de l’Union européenne.
"Tous les engagements pris par la collectivité dans cette organisation se feront au nom de la France et devront être en conformité avec le droit national et communautaire", précise une source diplomatique. "Par exemple, nous ne pourrons accepter la libre circulation des personnes", autorisée dans plusieurs États membres de la Caricom ayant développé un passeport commun.
Des perspectives dans l’éducation, la santé et le climat
Malgré cet encadrement, cette adhésion ouvre "de nouvelles perspectives de coopération dans des domaines stratégiques tels que l’éducation, la santé, l’innovation numérique, le développement économique ou encore la lutte contre les conséquences du réchauffement climatique", indique Gabriel Serville, président de la CTG. La demande d’adhésion de la Guyane datait de 2012. Comme pour la collectivité de Martinique, l’entrée de la Guyane dans la Caricom devra être ratifiée par une loi soumise au vote des parlementaires.
memento.fr

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