
Classes surchargées, salles surchauffées, sanitaires inutilisables, restauration scolaire insuffisante et enseignants absents. Le Syndicat général du personnel de la Chambre de commerce et d'industrie de La Réunion et de la société aéroportuaire Roland-Garros (SGPCAR CGTR) dresse un constat particulièrement préoccupant de la situation dans les lycées réunionnais. Dans une prise de position publiée le 7 octobre, l'organisation syndicale apporte son soutien aux lycéens mobilisés et réclame des réponses concrètes des pouvoirs publics.
Pour Corine Ramoune, secrétaire générale du SGPCAR CGTR, les revendications exprimées par la jeunesse réunionnaise méritent davantage que des discours rassurants. Le syndicat dénonce notamment l'attitude de ceux qui prétendent que "tout fonctionne, tout va bien", alors que de nombreux établissements rencontreraient des difficultés matérielles et humaines.
"La méthode Coué ne remédie pas aux classes surchargées, aux salles surchauffées, aux blocs sanitaires neutralisés", dénonce l'organisation, qui pointe également le manque de fontaines à eau potable et les capacités insuffisantes des restaurants scolaires.
Le syndicat estime que les dispositifs technologiques et les mesures de surveillance ne sauraient compenser le manque de personnel et les défaillances des infrastructures. "Les algorithmes ne remplacent pas les professeurs absents et les drones ne cachent pas l'insuffisance des moyens humains, techniques, financiers", insiste-t-il.
Des établissements qui nécessitent davantage de moyens
Au premier rang des revendications figure l'entretien du patrimoine immobilier scolaire. Le SGPCAR CGTR considère que la décentralisation a transféré des responsabilités importantes aux collectivités sans garantir, selon lui, des financements suffisamment évolutifs pour répondre aux besoins.
L'organisation critique également le recours excessif à la sous-traitance, qu'elle accuse d'allonger les délais d'intervention et de compliquer les opérations de maintenance.
Elle préconise la constitution d'équipes d'intervention rapide dans chaque lycée, capables d'assurer les réparations urgentes, l'entretien des installations électriques, la remise en état des sanitaires ou encore le fonctionnement des brasseurs d'air.
Le syndicat réclame parallèlement des recrutements pérennes, le remplacement immédiat des enseignants absents et le renforcement des personnels de vie scolaire, notamment des accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH).
La restauration scolaire constitue une autre préoccupation. L'organisation demande davantage de personnel, des horaires adaptés et une capacité d'accueil suffisante pour permettre à chaque élève de déjeuner dans des conditions convenables.
La sécurité ne doit pas remplacer le dialogue
Face aux mobilisations lycéennes, le SGPCAR CGTR appelle les autorités à privilégier la médiation plutôt que le renforcement des dispositifs sécuritaires.
"La réponse à la jeunesse ne sera ni le mépris, ni la surenchère sécuritaire", affirme le syndicat, qui estime que les élèves exprimant leurs difficultés ne doivent pas être confrontés à un climat d'intimidation.
L'organisation défend ainsi une approche reposant sur l'écoute et la concertation, considérant que les tensions dans les établissements ne pourront être durablement apaisées sans amélioration des conditions d'enseignement.
Parcoursup, une inquiétude supplémentaire pour les familles réunionnaises
Le syndicat élargit également ses critiques aux modalités d'accès à l'enseignement supérieur. Il dénonce le caractère sélectif de Parcoursup, dont les conséquences seraient particulièrement pénalisantes pour les jeunes Réunionnais.
Selon l'organisation, "l'insularité et l'éloignement géographique doublent la violence de la sélection algorithmique" pour les familles contraintes d'envisager une poursuite d'études hors du département.
Le SGPCAR CGTR demande une garantie de places dans l'enseignement supérieur local, un accompagnement humain renforcé dans les procédures d'orientation et une réévaluation des aides à la mobilité.
L'enjeu consiste notamment à éviter que des étudiants renoncent à leur formation faute de ressources financières suffisantes pour poursuivre leurs études dans l'Hexagone.
Budget 2027, les parlementaires réunionnais interpellés
À l'approche des discussions parlementaires sur le projet de loi de finances et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027, le syndicat entend également placer les élus réunionnais devant leurs responsabilités.
Sous la formule "Paris vote, La Réunion subit ?", l'organisation rappelle que les arbitrages nationaux détermineront notamment les moyens consacrés aux postes d'enseignants, à la santé scolaire et à la continuité territoriale.
Elle demande aux parlementaires réunionnais de défendre des amendements permettant de préserver les effectifs et les dotations de l'académie, tout en renforçant les financements destinés à la mobilité et à la santé des jeunes.
Cette intervention syndicale témoigne d'une inquiétude qui dépasse les seules questions d'entretien des établissements. Elle soulève plus largement celle de l'adéquation entre les moyens publics consacrés à l'éducation et les besoins spécifiques d'un territoire insulaire confronté à d'importants défis sociaux et économiques.
Pour le SGPCAR CGTR, l'avenir de la jeunesse réunionnaise ne peut se satisfaire de promesses sans traduction concrète. L'organisation conclut son appel par une formule revendicative, "Protégez nos jeunes, respectez leurs droits, leurs revendications, donnez-leur les moyens."
Mémento


0 COMMENTAIRE(S)