
L’Adie Réunion organisera, du 12 au 16 octobre 2026, plus de 20 événements sur l’ensemble de l’île afin de sensibiliser les moins de 30 ans à l’entrepreneuriat et de lever les principaux freins à la création d’entreprise. Cette mobilisation accompagnera la publication d’une nouvelle enquête nationale réalisée avec l’institut Appinio sur les aspirations professionnelles et entrepreneuriales des jeunes.
Selon cette étude, menée pour la deuxième fois depuis 2023, trois jeunes sur quatre sont concernés par la création d’entreprise, soit parce qu’ils ont déjà entrepris, soit parce qu’ils envisagent de le faire. Parmi les moins de 30 ans interrogés, 10,1 % ont déjà créé leur entreprise, 11,8 % envisagent de le faire dans l’année, 31,2 % dans un délai d’un à cinq ans et 22,1 % dans plus de cinq ans. À l’inverse, 24,9 % déclarent ne pas vouloir entreprendre.
À La Réunion, 346 jeunes ont créé leur entreprise avec l’accompagnement de l’Adie en 2025, soit 24 % des porteurs de projet accompagnés localement.
L’étude montre que les motivations des jeunes ne sont pas uniquement financières. 38,7 % souhaitent entreprendre pour être indépendants et ne pas avoir de patron, tandis que 38,3 % recherchent davantage de liberté dans la gestion de leur temps.
L’épanouissement personnel arrive également parmi les principales motivations : 35,1 % souhaitent entreprendre pour s’épanouir et être heureux, 30,3 % pour exprimer leurs talents ou vivre de leur passion et 27,6 % pour subvenir à leurs besoins.
L’entrepreneuriat occupe désormais une place importante dans la vision que les jeunes se font de leur parcours professionnel. Pour six jeunes sur dix, il constitue un élément de leur vie professionnelle idéale.
Cette aspiration ne signifie toutefois pas nécessairement une rupture avec le salariat. L’étude montre que 50 % des jeunes considèrent comme idéal d’alterner ou de cumuler salariat et entrepreneuriat, contre 36 % qui privilégient exclusivement le salariat et 12 % qui souhaitent être entrepreneurs à plein temps.
La majorité des jeunes entrepreneurs sont ainsi des « slasheurs », combinant plusieurs activités. En 2026, trois jeunes entrepreneurs sur dix déclarent que leur entreprise constitue leur seule activité, contre deux sur dix en 2023. Six sur dix exercent une autre activité en parallèle de leur entreprise, dont quatre sur dix occupent également un emploi salarié.
Malgré cette envie d’entreprendre, le passage à l’acte reste confronté à plusieurs obstacles. Le risque financier arrive en tête des inquiétudes pour 54,4 % des jeunes souhaitant se lancer.
Viennent ensuite le manque de capital pour 36,1 %, la complexité administrative pour 33,7 %, le manque de confiance en soi pour 33,6 % et un contexte économique jugé défavorable pour 29,7 %.
L’Adie souligne que seule une minorité des jeunes entrepreneurs peut compter sur des financements extérieurs et que leur capacité à créer une activité dépend encore fortement de leurs ressources financières personnelles.
Pour répondre à ces difficultés, l’Adie Réunion proposera du 12 au 16 octobre des rendez-vous consacrés à l’information, au financement et à l’accompagnement des porteurs de projet, notamment pour les jeunes ne pouvant pas accéder au crédit bancaire.
La semaine sera également accompagnée d’une exposition photographique itinérante conçue avec la Fondation groupe EDF, intitulée « 24 visages, une même audace ».
Le projet présente 24 jeunes entrepreneurs âgés de 18 à 30 ans, issus des 24 communes de La Réunion, financés par l’Adie et vivant aujourd’hui de leur activité. L’exposition circulera lors des différents temps forts de la semaine afin de présenter leurs parcours et la diversité de l’entrepreneuriat chez les jeunes Réunionnais.
« Dès que c’est possible, les modèles seront présents pour partager leur expérience avec les visiteurs et répondre à leurs questions. Nous associerons l’écosystème... Notre ambition est que chaque porteur de projet reparte avec la conviction que l’entrepreneuriat c’est aussi pour lui ! », explique David Gondonneau, directeur Adie Réunion et Mayotte.
Parmi les principaux rendez-vous annoncés, un Forum de la création d’entreprise se tiendra le lundi 12 octobre de 9h à 15h, à la salle de conférence du Quai Gilbert, sur le front de mer de Saint-Paul. Les participants pourront rencontrer les conseillers de l’Adie ainsi que différents partenaires de la création et du développement d’entreprise. L’exposition « 24 visages, une même audace » y sera également présentée.
Le même jour, l’agence Adie de Saint-Pierre organisera une journée portes ouvertes de 9h à 15h. Un atelier pratique consacré à la facturation électronique sera proposé de 9h à 10h30, suivi, de 13h30 à 15h, d’une session d’information collective sur les solutions de financement et d’accompagnement de l’Adie.
Un deuxième Forum de la création d’entreprise sera organisé le mercredi 14 octobre, de 9h à 12h, à l’Espace Reydellet, au Bas de la Rivière à Saint-Denis. Les conseillers de l’Adie et les partenaires de la création et du développement d’entreprise y rencontreront les porteurs de projet. L’exposition photographique y sera également présentée.
Au niveau national, l’Adie indique avoir financé plus de 4 500 jeunes entrepreneurs en 2026. Selon les données présentées par l’association, 93 % des jeunes entrepreneurs financés par l’Adie sont insérés professionnellement deux à trois ans après leur rencontre avec l’association.
Parmi eux, 82 % estiment que leurs compétences professionnelles se sont améliorées et 70 % considèrent que leur qualité de vie et leur bien-être ont progressé.
À l’approche de l’élection présidentielle, l’association souhaite également inscrire l’entrepreneuriat des jeunes dans le débat économique. Selon son enquête, la moitié des moins de 30 ans estime que le développement de l’entrepreneuriat des jeunes constitue une réponse au chômage insuffisamment soutenue par les pouvoirs publics. Six jeunes sur dix souhaitent que les candidats à l’élection présidentielle proposent des solutions sur ce sujet.
« La démocratisation de l’accès des jeunes à l’entrepreneuriat, bien au-delà de sa simple dimension économique et sociale, est un enjeu politique d’émancipation, d’insertion et de confiance dans l’avenir pour toute une génération. À la veille des grands débats de société de l’élection présidentielle et dans le contexte d’anxiété climatique, géopolitique et technologique qui est le nôtre aujourd’hui, il est temps de mettre ce puissant levier d’enthousiasme et d’espérance qu’est l’entrepreneuriat parmi les priorités d’une vraie politique de la jeunesse », déclare Frédéric Lavenir, président de l’Adie.
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