La première pierre de la future cité du ministère de la Justice de Saint-Laurent du Maroni a été posée le 6 juillet 2026 en Guyane. La cérémonie a été présidée, à la demande du garde des Sceaux Gérald Darmanin, par Carine Chevrier, secrétaire générale du ministère de la Justice, et Antoine Poussier, préfet de la Guyane.
Ce projet doit rapprocher le service public de la Justice des habitants de l’ouest guyanais, renforcer les infrastructures judiciaires du territoire et contribuer à mettre fin à la surpopulation de l’établissement pénitentiaire de Rémire-Montjoly.
La cérémonie s’est tenue en présence de Jean Seither, directeur des services judiciaires au ministère de la Justice, de Lénaïck Adam, maire de Saint-Laurent du Maroni, et de Benoist Apparu, directeur général de l’Agence publique pour l’immobilier de la Justice.
Un site regroupant prison, tribunal, SPIP et PJJ
La future cité de Saint-Laurent du Maroni regroupera, pour la première fois sur le territoire national, plusieurs équipements du ministère de la Justice sur un même site : un centre pénitentiaire de 495 places comprenant un quartier local contre la criminalité organisée (QLCO), un tribunal judiciaire, une antenne du service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP), des unités éducatives de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), ainsi que des espaces communs de formation et de restauration.
L’ensemble proposera 595 postes de travail sur une surface de 40 000 m2, au sein d’un site de 25 hectares. Les fonctions seront réparties selon une organisation « en étoile », avec au centre la Maison de la Cité, espace de services destiné aux personnels du site. Le tribunal judiciaire marquera l’entrée du site, dans le prolongement du parc Margot. Il disposera de trois grandes salles d’audience et de neuf salles d’audience de cabinet.
Un investissement inscrit dans un plan de 500 millions d’euros
La création de cette cité s’inscrit dans le cadre du plan d’urgence intégré aux accords de Guyane signés le 21 avril 2017. Le ministère de la Justice présente ce projet comme l’une des trois opérations de grande envergure engagées pour répondre à l’augmentation de l’activité judiciaire en Guyane, pour un investissement total de 500 millions d’euros.
Ces investissements visent à moderniser le patrimoine immobilier judiciaire et pénitentiaire, à améliorer les conditions de travail des agents, l’accueil des justiciables et les conditions d’incarcération des personnes détenues. Ils doivent aussi intégrer des objectifs de sobriété énergétique, de réduction des émissions de gaz à effet de serre, de recours aux énergies renouvelables, d’utilisation de matériaux biosourcés et d’accessibilité pour les personnes en situation de handicap.
Un levier d’aménagement pour l’ouest guyanais
Situé à l’entrée de la ville, au cœur d’une zone d’aménagement de l’opération d’intérêt national (OIN) de Guyane, le projet doit constituer un marqueur urbain pour Saint-Laurent du Maroni. Le ministère souligne également son rôle dans le développement socio-économique de l’ouest guyanais, pendant les travaux comme après la mise en service des équipements.
Une cellule socio-économique spécifique a été mise en place avec les collectivités et les acteurs économiques et sociaux, sous l’égide de la sous-préfecture. Le site accueillera aussi une cellule dédiée notamment au recrutement local et à l’insertion par l’activité économique.
À terme, le projet porte un objectif d’emploi de près de 900 personnes, en emplois directs, indirects et induits. Sa réalisation nécessitera 150 000 heures d’insertion professionnelle en phase chantier, avec 300 personnes travaillant simultanément sur le site. Le budget des travaux prévoit également que 21 % du montant total du marché soit consacré à des entreprises locales.
Un chantier conçu avec des objectifs environnementaux
La construction privilégiera des matériaux à faible émission de carbone et une conception bioclimatique avec ventilation naturelle, afin d’offrir un confort thermique tout en limitant les besoins de consommation d’énergie. Le recours aux énergies renouvelables sera important : 50 % de la consommation électrique du site devra être assurée par des panneaux photovoltaïques, et 80 % de la production d’eau chaude sanitaire par des énergies renouvelables.
Un nouveau tribunal judiciaire et administratif à Cayenne
Le ministère de la Justice et le Conseil d’État ont également décidé la création d’un nouveau tribunal judiciaire et d’un nouveau tribunal administratif à Cayenne, sur le site Rebard. Ce projet doit répondre à l’évolution de l’activité juridictionnelle et améliorer les conditions de travail des magistrats et fonctionnaires, ainsi que l’accueil des justiciables.
Ces équipements devraient être achevés fin 2028, pour une mise en service début 2029. L’investissement représente 89 millions d’euros. Les deux sites proposeront 219 postes de travail, sur plus de 11 000 m² et un terrain de 1,5 hectare. Ils comprendront notamment 5 km linéaires d’archives judiciaires, deux grandes salles d’audience pénale, deux petites salles d’audience pénale, quatre salles d’audience civile, quatorze salles de cabinet d’audience et deux salles d’audience pour le tribunal administratif.
La réalisation de ce projet prévoit au minimum 40 000 heures d’insertion professionnelle en phase chantier et la sous-traitance de 20 % du montant des études et travaux à des petites et moyennes entreprises ou à des artisans locaux. En attendant la mise en service prévue à l’horizon 2029, le relogement provisoire des activités du service public de la Justice est assuré sur les sites de Larivot, Majestic, Louis Blanc et Actalis.
memento.fr

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